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Politique

L’ex-PDG de Renault arrêté au Japon

D’après ses avocats, Carlos Ghosn « vit le martyr ». Et les ouvriers des usines Renault ?

jeudi 11 avril

Crédits photo : KAZUHIRO NOGI VIA GETTY IMAGES

Depuis l’arrestation de Carlos Ghosn, nous avons eu droit à tout : de la vidéo où il lance un appel contre l’acharnement et les « pratiques inhumaine » qu’il aurait subies en prison, une « torture légale » d’après son avocat, au complot contre lui pour que les japonais puissent reprendre le contrôle de Nissan. C’est faire l’impasse sur tout l’argent non déclaré et son mariage totalement payé par Renault. A l’époque cela ne dérangeait ni les actionnaires japonais, ni le patronat ou le gouvernement français. Mais devant le scandale, tout le monde l’a lâché : avec la pression des gilets jaunes, le soutien à un PDG qui gagne des milliards était intenable.

Une contre attaque des avocats de Carlos Ghosn : l’arrestation illégale et sont état de santé

Carlos Ghosn a l’argent qu’il faut pour engager les avocats les plus célèbres qui interviennent dans les grands médias en appelant à la solidarité nationale pour le protéger. Jean-Yves Le Borgne exige que l’ex-PDG de Renault soit jugé par la justice française, qu’il sorte de prison immédiatement et reproche aux charges d’être « floues ». Mais dans ce cas, pourquoi ne pas libérer tous les militants révolutionnaires extradés, à l’image de Cesare Battisti ?

Son avocat essaye également de faire pleurer sur le sort de son client en détaillant son état de santé : il souffre d’une insuffisance rénale chronique et aurait du interrompre son traitement en raison de son arrestation.

Mais que pensent les salariés malades et/ou licenciés de Renault des conditions de vie de Carlos Ghosn ?

Si l’avocat de Carlos Ghosn se trouvait face aux ouvriers de Renault, il aurait peut être plus de mal à dépeindre ses « conditions inhumaines de détention » ou ses problèmes de santé. En effet, les travailleurs connaissent bien leur ex-PDG : c’est celui qui a mis en place dans le secteur automobile le premier accord de compétitivité qui implique des cadences infernales, des samedis obligatoires non payés, la suppression de tous les postes à capacité restreinte destinés à l’origine à des salariés malades qui furent donc licenciés, le temps de passage du véhicule à moins d’une minute et toute la précarisation de l’emploi qui exploite des milliers d’intérimaires. Si on leur demandait, à eux, ce qu’ils pensent des souffrances de Carlos Ghosn, leur réponse serait édifiante. Pour ces salariés, personne pour dépeindre leur douleur au travail sur les plateaux télé, pour appeler à la fin de la torture et l’esclavage salarié qu’a engendré la politique de Carlos Ghosn, dans le plus grand silence.




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