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Politique

Offensive autoritaire

Darmanin veut dissoudre la LDNA : l’offensive autoritaire du gouvernement continue

Sur Twitter, Gérald Darmanin a annoncé ce lundi vouloir lancer une procédure pour dissoudre la Ligue de Défense Noire Africaine. Une nouvelle offensive liberticide après la dissolution du CCIF et de Baraka City l’année dernière.

lundi 13 septembre

Credit photo : AFP

Ce lundi sur Twitter, Gérald Darmanin a annoncé vouloir dissoudre la LDNA. « J’ai décidé de lancer la procédure engageant la dissolution de la Ligue de Défense Noire Africaine. Les discours de cette structure raciste appellent à la haine et à la discrimination. Ses actions causent des troubles à l’ordre public, comme ce week-end à Val-de-Rueil. » a expliqué le ministre de l’Intérieur.

Cette annonce fait suite à une action d’enfarinage du maire et d’envahissement de la mairie du Val-de-Rueil ce week-end. Une action organisée dans le cadre des fortes tensions qui ont traversé la ville la semaine dernière après une bagarre entre enfants qui s’est transformée en bagarre entre parents, faisant plusieurs blessés. Alors que ces tensions ont donné lieu mardi dernier à une manifestation du PKK dans laquelle des slogans négrophobes auraient été entendus, la BAC d’Evreux et des CRS avaient été déployés sur la ville pendant la semaine.

De son côté, la LDNA explique être intervenue samedi en réaction à la négrophobie et pour dénoncer l’inaction de la mairie qui aurait laissé défiler des « membres de la communauté kurde » « prêts à en découdre physiquement ; ce entourés et escortés par des CRS ». Une intervention dans la lignée des actions de cette organisation se réclamant de l’anti-racisme et du panafricanisme qui se saisit des cas de négrophobie pour monter des opérations de dénonciation, non sans une forte confusion politique, marquée notamment par des discours aux relents parfois antisémites.

Cependant, par-delà les désaccords que l’on peut avoir avec la LDNA, le menace de dissolution portée par Darmanin constitue une nouvelle attaque liberticide qui doit être dénoncée. Comme pour le CCIF, la procédure vise à nouveau une organisation se revendiquant de l’anti-racisme, sous couvert de « troubles à l’ordre publique » et de l’idée que cette organisation serait elle-même « raciste ». Comme pour le CCIF, nul doute que Darmanin saura formuler des arguments fallacieux à même de justifier juridiquement cette décision. Or, il n’est pas possible de laisser au gouvernement et à l’État dicter quelle organisation mérite d’exister ou d’être dissoute, en fonction de son agenda immédiat.

De fait, ces attaques liberticides que le ministre de l’Intérieur tend à banaliser font aujourd’hui peser la menace de dissolution sur l’ensemble des organisations anti-racistes au moindre écart. En outre, il est évident que ces attaques pourraient s’étendre à l’ensemble des organisations du mouvement social, à l’image du syndicat SUD Education 93 ou de l’UNEF dont la dissolution avait été discutée à l’Assemblée Nationale et exigée par la droite dure au moment des débats sur la loi séparatisme du gouvernement. En ce sens, il est fondamental de refuser cette nouvelle attaque liberticide.




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