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Notre classe

Interview-vidéo du secrétaire général de la CGT PSA Valenciennes

De PSA Valenciennes à Air France : solidaires contre la répression

Flora Carpentier Tout comme les travailleurs d'Air France, ceux de PSA Valenciennes (Nord-Pas-de-Calais) sont actuellement mobilisés contre la répression qui s'abat contre l'un de leurs camarades, Dominique Danquoins. Après avoir été scandaleusement licencié pour avoir pris un joint en caoutchouc dans une benne à ordures de l'usine, cet ouvrier a même été convoqué au commissariat, suite à une plainte déposée par PSA pour "vol". Il est largement soutenu par ses collègues, qui ont été 934 sur un effectif de 1400 à signer une pétition pour sa réintégration. Mais comme le raconte Cédric Brun, secrétaire général de la CGT PSA Valenciennes que nous avons interviewé, le cas de Dominique mobilise bien au-delà de son usine.

mardi 10 novembre 2015

Alors qu’un appel aux dons a été lancé par la CGT pour couvrir les frais de justice,les chèques et les messages de soutien arrivent depuis toute la France. Jeudi dernier, un rassemblement avait lieu devant le commissariat pendant son audition, où une centaine de travailleurs de différentes boites sont venus exprimer leur colèreface à la répression criminelle menée par PSA contre ses salariés.

Les licenciements pour faute lourde... une méthode récurrente pour écraser les travailleurs

L’acharnement dont Dominique Danquoins fait les frais constitue une attaque supplémentaire de la direction de PSA pour écraser les travailleurs et mieux imposer sa dictature à l’usine. Il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir subi la répression patronale.Grégory Galan,secrétaire général adjoint de la CGT PSA Valenciennes,sort tout juste d’une procédure de licenciement alors qu’il n’avait fait que défendre un collègue dans le cadre de son mandat. Grâce à la mobilisation,l’inspection du travail a dû invalider cette décision qui n’était autre qu’un acte de criminalisation syndicale.

En 2012, une salariée de la même usine avait été licenciée pour avoir gardé dans son sac deux raclettes servant à nettoyer le sol,d’une valeur totale évaluée à 3,07€. Comble de l’affaire, la travailleuse qui changeait de poste au sein de l’usine avait expliqué qu’elle craignait seulement de ne pas trouver le même matériel pour faire son travail dans le nouveau secteur, à cause des restrictions budgétaires. La CGT n’avait pas laissé passer et la salariée avait pu être été réintégrée.

Contre la répression patronale, faire converger les luttes

Cédric Brun a insisté sur le fait que la répression n’était pas circonscrite à PSA :"La répression est générale, on voit les camarades d’Air France auxquels on va porter soutien le 2 décembre. Eux aussi ils vont perdre leur place et ils risquent de graves sanctions pénales. Ce n’est pas acceptable. La CGT doit se mobiliser et encore plus largement. Parce que c’est un cas symptomatique, et on sent que si on laisse passer, après c’est la porte ouverte".

Il s’est exprimé sur la nécessité de faire converger les luttes pour aboutir à une mobilisation d’ensemble de la classe ouvrière."La convergence non seulement c’est important mais c’est nécessaire, parce qu’aujourd’hui les rapports de force ne sont jamais unanimes. Je pense qu’il faut montrer la voie aux travailleurs. La convergence entre les sites peut permettre une prise de conscience et nous emmener vers un mouvement général d’ensemble. Parce qu’aujourd’hui, la négociation, les partenaires sociaux, tout ça c’est de la boutade, c’est de la connerie. Ce qui compte aujourd’hui, c’est le rapport de force et la convergence des luttes vers un changement de société. Parce que la classe ouvrière ce n’est pas un mauvais mot, ce n’est pas un gros mot, la classe ouvrière elle existe, elle est là, elle n’est pas encore consciente mais ça viendra. Et je pense que plus on prend de coups, et plus on devient conscients."

Des messages comme celui de Cédric Brun, confiant dans la mobilisation de la classe ouvrière et convaincu de la nécessité d’œuvrer à la prise de conscience des travailleurs pour aboutir à un changement de société, montrent la voie de ce que devrait être un syndicalisme combatif et de lutte des classes. C’est bien la seule façon de contrer les attaques en cours contre notre classe, et d’envisager une véritable issue pour le monde du travail. Nous ne pouvons que relayer son message.




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