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Des chômeurs brûlent leurs factures d’électricité à Naples : « Nous ne pouvons pas les payer »

Depuis vendredi dernier, des centaines de Napolitains sans emploi se sont rassemblés pour brûler leurs factures de gaz, d'eau et d'électricité. Un geste de désobéissance face au coût de la vie, qui n'est pas sans rappeler les nombreux mouvements qui traversent en ce moment l'Europe.

lundi 5 septembre

Photo : LID

Les images ont fait le tour du monde : vendredi dernier, sur la Piazza Matteotti, devant la poste centrale de Naples, des centaines de chômeurs du mouvement du 7 Novembre ont organisé des feux de joie pour brûler leurs factures d’électricité, d’eau et de gaz devenues impayables avec une inflation qui atteint presque 9%. Les chômeurs réclamaient le respect des contrats de travail préalablement signés avec l’administration, la municipalité et l’État, et dénoncent le caractère hypocrite et criminel du non-respect de ces promesses, alors que les coûts de la vie explosent.

« Nous sommes fatigués des promesses. Nous sommes ici parce que, comme cela s’est produit à Glasgow et dans de nombreux pays européens, les travailleurs sont fatigués. Nous ne pouvons plus payer leur crise, leur guerre, leurs spéculations » explique Eddy Sorge, syndicaliste chez Si Cobas.

Avec la guerre en Ukraine qui se prolonge, les sanctions russes et leurs impacts sur l’approvisionnement en énergies, mais aussi les spéculations des entreprises qui ne veulent pas perdre leurs profits pour l’hiver prochain, l’inflation atteint des sommets. Un prix à payer que ne peuvent bien évidemment pas se permettre les chômeurs et les travailleurs. Le Mouvement du 7 novembre assure qu’il poursuivra ses actions pour exiger "un véritable salaire de subsistance garanti, la réduction du temps de travail à salaire égal, un plan d’urgence pour la sécurité de nos territoires en prenant l’argent des méga-profits et des dépenses militaires".

Dans un contexte de campagne électorale autour de sujets très éloignés des conditions de vie de la population, un tel mouvement de contestations ne peut que faire écho aux différentes protestations qui ont lieu en ce moment. Tout particulièrement avec le mouvement de grèves massives en Angleterre qui se combine au phénomène "Don’t pay Uk", dont le principe est de refuser le paiement des factures d’électricité. De la même manière, des mouvements similaires ont émergé en Europe comme ce fut le cas à Glasgow.

Le geste de brûler les factures d’énergie, bien que chargé symboliquement, reste malgré tout minime et ne peut pas conduire à un aboutissement des revendications. Pour autant, la colère qui s’exprime actuellement doit servir de point d’appui pour imposer le contrôle des prix par le biais de comité de travailleurs et de consommateur, ainsi que l’indexation des salaires sur l’inflation.

Comme nous le disions il y a deux semaines : "il nous faut lutter pour la nationalisation, sans indemnités, des grandes entreprises d’électricité et de services publics, sous la gestion et l’administration des travailleurs, et sous le contrôle des usagers. Ce mode de gestion rendrait possible de garantir un accès gratuit à l’énergie, ou de proposer des bas tarifs pour les personnes qui ne peuvent se permettre de payer leurs factures".

Tout cela ne peut s’envisager que par la construction d’un rapport de force dans la rue et les entreprises, par la coordination de l’ensemble des secteurs qui se mobilisent contre l’inflation et refusent de payer la crise.



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