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Politique

Ce n’est qu’un début

Education nationale : encore une journée très suivie. Radicalisons le mouvement !

Après une première journée de grève historique jeudi 5 décembre, et contrairement à ce que prétend Jean Michel Blanquer, les profs ont remis ça massivement ce mardi 10 décembre. Ce matin de nombreuses AG ont voté la reconductible jusqu'à la fin de la semaine.... En avant pour radicaliser le mouvement !

mardi 10 décembre 2019

Jean Michel Blanquer pariait sur une mobilisation en forte baisse ce mardi 10 décembre et il multiplie depuis jeudi les annonces allant dans ce sens. Les profs auraient « compris » qu’ils n’avaient pas à s’inquiéter et que le gouvernement ferait le nécessaire pour que la réforme des retraites n’entraîne pas de baisse de leur pension. La grève record dans l’Education nationale ce jeudi 5 décembre a été une surprise pour le gouvernement qui souhaite par-dessus tout désamorcer la mobilisation dans ce secteur pour éviter qu’il ne vienne s’ajouter aux transports dans le mouvement de grève reconductible. En effet, avec plus de 900 000 profs dans l’Educ nat, il s’agit d’un enjeu de taille pour le gouvernement.

Sauf que, derrière les effets d’annonces, les mesures concrètes qui sont envisagées sont loin d’être satisfaisantes, quand elles ne sont pas tout simplement floues : diminution des vacances, augmentation du temps de travail, prime accordée aux enseignants qui acceptent de changer d’académie… Interrogé au micro de France inter ce matin Jean Michel Blanquer a plaidé dans le sens « d’augmenter leur temps de travail devant les élèves, ce qui permettrait de diminuer le nombre d’enseignants et d’augmenter de façon conséquente ceux qui restent ».

Dans les faits cette nouvelle journée de mobilisation interprofessionnelle s’annonce bien plus suivie dans l’Education nationale que ce qu’annonçait hier le ministère, avec des taux qui sont de nouveau historiques dans le secondaire. Et pour cause, les enseignants sont parmi les plus touchés par la réformes des retraites conçue par le gouvernement et ils sont loin de tomber dans le piège de « l’enfumage » du ministre de l’Education. A quoi s’ajoute un véritable malaise qui est palpable depuis de nombreux mois et qui avait déjà donné lieu à des mobilisations comme lors de la grève du bac.

Selon les syndicats majoritaires, ce mardi 10 décembre le taux de participation s’élève à 30% de gréviste dans le primaire et 62% dans le secondaire.

« Deux grèves majoritaires en moins de huit jours : c’est un fait inédit, révélateur de la détermination et la colère des personnels », déclare le Snes-FSU, premier syndicat dans le secondaire. Des chiffres qui sont loin de ceux annoncés par le ministre de l’Education national qui parle de 12,5% dans le primaire et de 19,4% dans le secondaire. Blanquer est tout de même obligé de préciser que les chiffres sont « très différent d’une région à l’autre, Paris en particulier dénote par un taux de grève plus important, autour de 35% ».

De nombreuses Assemblées générales avaient lieu ce matin par établissements ou à l’échelle d’un secteur géographique, par degré ou « inter-degré », pour organiser la suite du mouvement. Dans l’immense majorité les profs reconduisent la grève à l’unanimité, preuve de la détermination et de la colère qui existent à la base.

Ainsi, l’Assemblée générale premier degré de Paris, qui a réuni plus de 300 profs, a voté la reconduction de la grève à l’unanimité jusqu’à vendredi :

A Ivry, une AG a réuni 70 personnes et a reconduit la grève, votée à l’unanimité. Des tournées des bahut sont prévues jeudi et vendredi et ils organisent une manifestation interprofessionnelle vendredi matin, avec diff de tracts à Carrefour et à Leroy Merlin.

A Montreuil Bagnolet, les profs reconduisent eux aussi la grève et le mouvement jusqu’à vendredi :

A Toulouse également, près de 300 profs réunis ce matin ont voté la reconduction de la grève jusqu’à vendredi et ont appelé à une Assemblée générale interprofessionnelle dès ce jour, mardi 10 décembre, pour s’organiser démocratiquement à l’échelle de la ville avec les autres secteurs mobilisés. Guillaume, prof au lycée Victor Hugo à Toulouse, fait le point après l’AG :




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