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Mouvement ouvrier

Embauches, salaires : les travailleurs des CROUS mobilisés pour de meilleures conditions de travail

Ce lundi 18 octobre les travailleurs du Crous étaient mobilisés pour revendiquer une augmentation de salaires et des embauches, ainsi que des moyens pour ces organismes de gestion des restaurants et résidences universitaires.

Romy Devienne

18 octobre 2021

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Crédits photo : SAMEER AL-DOUMY / AFP

Des travailleurs de nombreux Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaire, en charge notamment des restaurants et résidences universitaires) étaient en grève ce lundi 18 octobre à travers la France. Première journée d’une grève illimitée à l’appel de la CGT Crous pour de meilleures conditions de travail.

Un représentant de la CGT Crous interrogé ce lundi par Révolution Permanente témoignait en ce sens : « on a déposé un préavis de grève nationale dans l’ensemble des Crous, on s’est bien mobilisés. Nous sommes actuellement à Paris devant le ministère de l’Enseignement supérieur, il y a une responsable de cabinet de Madame Vidal qui va recevoir une délégation ».

De nombreux restaurants universitaires étaient en effet fermés et risquent de le rester ces prochains jours comme c’est le cas en Champagne-Ardenne ou à Troyes.

Les travailleurs mobilisés revendiquent notamment une augmentation des salaires pour l’ensemble du personnel, une augmentation du budget pour les Crous et des embauches afin de pallier la surcharge de travail, et se mobilisent contre les suppressions de postes, mais aussi contre les abus de pouvoir et le harcèlement dénoncés dans certains CROUS. Une colère d’autant plus forte que la crise sanitaire a dégradé encore les conditions de travail.

C’est pourquoi avant même cette journée nationale de grève appelée par la CGT depuis le 4 octobre dernier, les agents du Crous se sont mobilisés localement. C’est notamment le cas en Bourgogne France-Comté où les Crous de Dijon et de Besançon étaient déjà en grève le 11 octobre dernier.

Une mobilisation contre la dégradation des conditions de travail mais également en défense de ce service public. « La crise sanitaire a dévoilé au grand jour cette situation, les Crous assurent un service essentiel à la vie étudiantes un cadre de travail dégradé », stipule en ce sens le communiqué CGT.
Même constat pour Éric Briez, secrétaire général CGT au sein du CROUS de Bourgogne-Franche-Comté qui dénonçait auprès du journal Le Bien Public les mauvaises conditions d’accueil des étudiants, liées à un manque de moyens. « Quand vous voyez une queue de plus de 600 mètres de long, avec des étudiants qui attendent plus de 45 minutes, vous comprenez qu’il y a un problème et que le service rendu n’est pas du tout satisfaisant », expliquait-il.

C’est donc aussi en défense des conditions de vie étudiantes que se mobilisent les travailleurs. Les étudiants sont en effet victimes de ces manques de moyens, d’autant plus dans un contexte où la précarité étudiante a augmenté de manière dramatique durant la crise sanitaire. En ce sens, la suppression du repas Crous à 1€ symbolise l’hypocrisie du gouvernement qui retire même aux étudiants les miettes accordées aux étudiants durant la crise sanitaire.

C’est pourquoi il est nécessaire que les étudiants apportent leur soutien aux grévistes dans leur lutte , face à un gouvernement qui ne fait que précariser les travailleurs et la jeunesse. Une alliance nécessaire pour revendiquer un investissement massif dans les universités, comme dans tous les services publics, afin de répondre aux besoins des plus précaires et de toute la population, notamment par l’embauche massive de personnels, la titularisation de tous les travailleurs du Crous, et l’imposition de salaires dignes.

Cette mobilisation des travailleurs du Crous est loin d’être un cas isolé. En effet, à quelques mois des présidentielles, cette grève fait écho aux mobilisations de différents secteurs, notamment précaires, comme les salariés du nettoyage de Jussieu, mais aussi dans le secteur des transports, à Transdev notamment, à l’Infrapôle Paris Nord ou encore à [Aéro-Piste https://www.revolutionpermanente.fr/Roissy-Un-mois-de-lutte-des-travailleurs-d-Aero-Piste-contre-le-mepris-et-pour-la-dignite].
Autant de mobilisations qui témoignent d’une colère profonde au sein du mouvement ouvrier à l’heure où la hausse du coût de la vie et au centre des préoccupations des classes populaires.


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