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Politique

Vers un couvre-feu à Paris ?

Entre cafouillage et politique répressive, le gouvernement en faillite face au virus

Les déclarations de Gabriel Attal ce matin, à propos d’un éventuel rétablissement du couvre feu en région parisienne, démenties pour l’heure par le gouvernement, font néanmoins planer le doute sur un renforcement des mesures contraignantes qui visent avant tout les conditions de vie de la population et les petits commerces ouverts la nuit, sans s’attaquer au coeur du problème.

mardi 3 novembre

Crédits photos : ARTHUR NICHOLAS ORCHARD / HANS LUCAS / AFP

Un discours hésitant dans un contexte politiquement tendu

Gabriel Attal, porte parole du gouvernement, a déclaré ce matin qu’ils allaient « réinstaurer un couvre-feu sur Paris et peut-être l’Ile-de-France (…), à 21 heures je crois  ». Déclaration aussitôt démentie par Matignon et la préfecture, contactés par le journal Le Monde Ces atermoiements, devenus caractéristiques de la gestion de la deuxième vague, s’expliquent en partie par la grogne qui, progressivement, gagne du terrain dans les secteurs des petits commerces durement touchés par la crise, et par la baisse de la confiance de la population envers la stratégie du gouvernement.

Derrière la politique erratique et les cafouillages, une politique pro-patronale qui veut taire son nom

Les contradictions au sein même du discours gouvernemental sont symptomatiques de sa fébrilité dans ce contexte épidémique aggravé. A la différence du mois de mars, ce dernier est encore plus soumis aux exigences du grand capital, lancé dans une lutte acharnée pour la reconquête du terrain perdu à l’occasion de la première vague. Le paradoxe de la situation, c’est que ce sont précisément ces contraintes capitalistes, celles qui placent sciemment la santé après le profit, qui conduisent à l’aggravation de l’épidémie, puisque le maintien de l’activité productive conduit à la multiplication des clusters. La nouvelle mesure envisagée révèle en creux les priorités qui sont fixées. Obliger la fermeture des quelques restaurants et bars qui servent après 21h, alors que le danger de la submersion des hôpitaux menace à nouveau, c’est vouloir arrêter la tempête avec un parapluie, et faire payer encore une fois les petits pour les gros.

De nouvelles mesures liberticides pour cacher le néant d’une politique sanitaire en faillite

Sur la seule journée du lundi 2 novembre, 418 personnes sont mortes à l’hôpital des suites de la Covid-19. Cet effroyable bilan est comparable au nombre de décès enregistrés fin mars, c’est-à-dire deux semaines après le début du confinement total décrété le 16 mars 2020. Pendant que le gouvernement sacrifie les libertés sur l’autel du profit maximal, l’épidémie progresse sans discontinuer, nous conduisant tout droit au désastre, matériel et humain. C’est d’ailleurs dans ces conditions que 13 millions de jeunes et de personnels s’entassent à nouveau depuis la rentrée dans des classes surchargées, sans protocole sanitaire réellement renforcé. C’est aussi dans ces conditions que des millions de travailleurs se rendent chaque matin sur leur lieu de travail, où se forment la majorité des clusters. Pourtant, c’est à la liberté de circuler la nuit que le gouvernement veut s’attaquer.

Contre le virus, c’est de véritables investissements dans l’hôpital et l’école que nous avons besoin, ainsi que de sortir de toute urgence de ces logiques productives effrénées qui sacrifient des dizaines de milliers de vie pour préserver les profits du grand capital.




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