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Politique

Envahissement de la CFDT par des grévistes : "vous ne négociez pas en notre nom"

Au 44ème jour de grève, les grévistes de la RATP et de la SNCF ont envahi aujourd'hui le siège de la CFDT pour leur envoyer un message : "vous ne négociez pas pour nous". Appelée par la CFDT, la police attendait les grévistes à la sortie.

vendredi 17 janvier

Il est 12h30, au métro Belleville, quand plusieurs dizaines de grévistes sont entrés dans le siège de la CFDT, boulevard de la Villette. En entrant, le message est clair : "Laurent Berger nous fait du mal au quotidien, parce que c’est celui qui, aux côtés du gouvernement, négocie la régression sociale". Alors que Laurent Berger se félicite du retrait de l’âge pivot qu’il voit comme un "compromis" avec le gouvernement, les grévistes de la RATP et de la SNCF, à l’appel de la coordination RATP-SNCF, sont venus lui dire qu’il ne se sentaient pas représentés par son syndicat.

Malgré ce que l’on pourrait penser, aucune haine contre la CFDT ou ses syndiqués. Anasse Kazib, au mégaphone, commence même par exprimer "toute notre solidarité aux syndiqués de la CFDT cheminots qui sont toujours en grève et réclament le retrait total." Il poursuit, en expliquant que les grévistes sont venus "dénoncer non pas la CFDT, parce qu’il y a des adhérents qui militent à la CFDT et on est pas contre elles ; on est venu dénoncer ces bureaucrates et leur champion Laurent Berger".

Alors que la CFDT a pris une place particulièrement importante dans les négociations, les grévistes ont souligné le fait que dans les deux bastions de la grève, la CFDT n’est pas légitime pour négocier avec le gouvernement : à la RATP, le syndicat n’est pas représentatif, quand leurs homologues à la SNCF réclament le retrait sans négociations, une position bien éloignée de celle du secrétaire confédéral.

Mais la question de la négociation avec le gouvernement n’était pas la seule préoccupation des grévistes : après un mois et demi de grève, la question des caisses de grève était aussi au centre du discours des grévistes : "vous avez 126 millions d’euros de "caisse noire". Mais ces 126 millions, il faut les donner aux grévistes, syndiqués ou non, pour qu’ils tiennent !" s’exclame Anasse Kazib au micro, dénonçant le fait qu’aucune confédération syndicale n’ait, jusqu’ici, construit une réelle solidarité financière avec les grévistes.

Les responsables du centre ont appelé la police !

Face aux grévistes, la réaction des syndicalistes cédétistes présents a été particulièrement véhémente : "retourne travailler" ose ainsi lancer l’un d’entre eux aux grévistes. Les responsables du centre ont même oser appeler la police pour déloger les grévistes ! Qu’une organisation qui se réclame du mouvement ouvrier fasse appel à la même police qui matraque les manifestants quel que soit leur syndicat, est d’autant plus symbolique de la politique de la direction du syndicat, qui, comme le disaient les grévistes, "négocie le poids des chaînes".




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