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Casse des services publiques

Grève dans la fonction publique le 19 mars : une journée ne suffira pas, il faut préparer une grève dure

L’ensemble des directions syndicales de la Fonction Publique a appelé à une mobilisation le 19 mars pour les salaires et face aux attaques de Macron. Tandis que le secteur de l’Education part sur une deuxième journée de grève mardi, l’ensemble des services publics devrait s’appuyer sur cette date afin de poser la question d’un réel plan de bataille face aux attaques du gouvernement !

Léo Stella

5 février

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Grève dans la fonction publique le 19 mars : une journée ne suffira pas, il faut préparer une grève dure

Crédit photo : Révolution Permanente

Il y’a deux semaines, lors de son discours, Macron a confirmé, parmi d’autres attaques, que la réforme de la Fonction Publique aurait bien lieu et que son principal but serait bien de casser le statut de fonctionnaire. A travers l’évocation de la mise en place de la « rémunération au mérite » , l’ensemble du projet porté par Stanislas Guérini est donc toujours bel et bien dans les plans de la macronie. Face à cette annonce et à la dégradation de plus en plus visible des services publics, l’ensemble des organisations syndicales de la fonction publique (CFDT, CFE-CGC, CGT, FA, FO, FSU, Solidaires, UNSA) ont signé un communiqué appelant à une date de mobilisation « par tous les moyens, y compris la grève » le 19 mars. Cet appel dénonce à juste titre la dégradation des conditions de travail et la stagnation des salaires en pleine période d’inflation, ainsi que la logique néo-libérale de la « rémunération au mérite ». Cependant, l’appel demande, au-delà d’une journée de mobilisation aux contours flous, à « ouvrir sans délai des négociations » avec le gouvernement, prônant ainsi le fameux « dialogue social » afin de poser la question des salaires.

Une politique du dialogue social qui nous conduit pourtant depuis des mois dans le mur face au gouvernement, et pire, lui permet de continuer ses attaques. Ce dernier, après la répression brutale du mouvement des retraites, n’a eu de cesse de mener des attaques contre notre camp social et notamment la fonction publique. Car au-delà de l’augmentation dérisoire du point d’indice cet été et les quelques miettes cédées à l’automne, le gouvernement a mené ses attaques sur plusieurs fronts : renforcement sécuritaire sur les lieux de travail en reprenant le concept de « décivilisation », accentuation de la dégradation des services publics, coupures budgétaires… Le tout accompagné d’une future réforme XXL de la Fonction publique.

La future réforme de la Fonction publique rentrera bien dans le plan anti-social annoncé par Gabriel Attal la semaine dernière. Ce dernier a d’ailleurs bien rappelé que même si la loi est finalement reportée au deuxième semestre 2024 au lieu de courant février, l’État intégrera le « mérite et leurs efforts à leur rémunération ».

Ce système de rémunération au mérite passe par la mise en place d’une logique méritocratique et individuelle, avec comme carotte une potentielle augmentation de salaire, mais qui vise en finalité à donner tout le pouvoir à l’employeur. Ce dernier, que ce soit dans la fonction d’Etat, hospitalière ou territoriale, pourra à son bon vouloir décider de mieux rémunérer (ou pas) les agents de son choix et imposer le rythme de travail et les règles requises pour pouvoir espérer gagner cette augmentation de salaire, tout en comblant les trous dans le budget et le sous-effectif. Enfin, même si la rémunération au mérite sera l’axe central de la réforme, cette dernière comportera d’autres attaques comme le projet de renforcement de la mobilité du « service public vers le privé » dans la continuité de la loi de 2019.

Face à cette future « réforme historique » de la Fonction Publique et aux attaques perpétuelles que subissent les travailleurs des services publiques, l’heure n’est pas à la stratégie de pression sur le gouvernement en annonçant une date isolée dans un mois. La perspective d’une date de mobilisation est une base sur laquelle s’appuyer pour construire une mobilisation dans les secteurs des services publics, qui regroupent des millions de travailleurs. Cependant, celle-ci ne doit pas être reportée aux calendes grecques. Alors que jeudi dernier, le secteur de l’Education s’est mobilisé de façon massive et appelle à une nouvelle journée de mobilisation mardi, en conséquence notamment d’une forte pression à la base, l’ensemble des directions syndicales des différents secteurs des services publics doivent appeler à la mobilisation.

L’un des problèmes centraux mis en avant par les syndicats de l’Education est la casse de leurs métiers par les attaques de Macron, accompagnée d’une école à deux vitesses favorisée par la casse des services publiques. Des problématiques de fond qui touchent l’ensemble des secteurs des services publics. Ces derniers doivent, au lieu d’attendre le 19 mars, se joindre à la mobilisation de l’Education avec un programme commun qui regroupe la question de la casse des services publics, des conditions de travail et des salaires. Cette jonction, qui permettrait de réunir l’ensemble des services publics, pourrait créer un véritable rapport de force contre Macron et son projet anti-social. En ce sens, ce n’est pas de grèves de pression dans le cadre du dialogue social, à coup de journées de grève perlées et isolées, dont nous avons besoin, mais d’un plan de bataille à la hauteur de la colère de la base et des attaques que subissent les services publics.


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