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Retraites

Grève très suivie dans les raffineries : « l’ensemble des salariés doit rejoindre la grève reconductible ! »

C’est un des secteurs qui devait être le fer de lance du mouvement de reconductible. Les raffineurs ont répondu massivement à l’appel à la grève ce mardi 7 mars, tout en rappelant la nécessité que d’autres secteurs rejoignent le mouvement de reconductible

Arthur Nicola

7 mars 2023

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Grève très suivie dans les raffineries : « l'ensemble des salariés doit rejoindre la grève reconductible ! »

Crédits photo : Révolution Permanente

« Les grèves de 24 heures ne suffisaient plus. Il fallait rentrer dans le dur, et on le fait à partir du 7 mars » nous explique Pascal Tardiveau, de la CGT Total, juste après l’assemblée générale sur l’usine pétrochimique de la raffinerie de Normandie. Les AG ont commencé tôt ce matin, dès 5 heures, et sur toutes les raffineries françaises, le mouvement de grève est très suivi.

Sur la raffinerie de Normandie, exploitée par Total, c’est 75 % des salariés postés qui sont en grève ce matin, un taux similaire aux précédentes journées de mobilisations. Sur les autres raffineries Total, le mouvement est aussi très suivi, avec 90 % à la bioraffinerie de La Mède (Bouches du Rhône), 93 % de grévistes à Donges (Loire-Atlantique), où deux raffineries sont à l’arrêt suite à des incendies la semaine dernière.

Sur la raffinerie de Feyzin (Rhône), du côté raffinage, 55 % des postés sont grévistes, pour 90 % du côté pétrochimie. « Les chiffres montrent la détermination des salariés à faire tomber ce projet de loi : ils sont tels qu’on va proposer aux salariés d’arrêter les installations, ils auront évidemment le dernier mot » réagit à notre micro Alexis Antonioli, secrétaire de la CGT Total Normandie.

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« Se saisir d’un moment historique »

Sur les autres raffineries et sites de la chimie, la grève est aussi très suivie : la raffinerie PetroIneos de Lavéra (Bouches du Rhône) voit 80 % de ses équipes en grève, et la raffinerie voisine de Esso/Exxon de Fos-sur-Mer compte 75 % de grévistes. Finalement, la raffinerie Esso/Exxon de Notre-Dame de Gravenchon (Seine-Maritime) a réussi à atteindre ses plus hauts taux de grève depuis le début du mouvement, avec 45 % de grévistes sur la plateforme. Le site Total de Carling est lui aussi très mobilisé, avec entre 70 et 100 % de grévistes selon les équipes. Deux lignes de production sont à l’arrêt et deux autres en procédure d’arrêt. Toutes les raffineries ont arrêté leurs expéditions, et les carburants vont rester dans les cuves. Finalement, les zones industrielles d’Harfleur, près du Havre, et de Saint-Avold, en Moselle, où se trouvent deux sites de Total, sont bloquées par des actions des unions locales.

« Chacun doit saisir cet instant historique et se poser la question de rentrer dans une grève reconductible. Oui il y a des pertes de salaires, mais des caisses de grève s’organisent partout, mais surtout qu’est ce que c’est quelques jours maintenant versus deux ans de plus en fin de carrière ? » explique Alexis Antonioli, tout en prévenant que « la stratégie Berger sur laquelle s’est alignée l’ensemble de l’intersyndicale de ne rester que sur la question des retraites, ce n’est pas possible. On voit pourtant que l’enjeu des salaires reste plus que jamais important, c’est ce qui remonte de toutes les AG : il y a une nécessité de l’intégrer dans nos revendications parce que l’inflation continue de galoper ».

Forte détermination sur les piquets

Les sous-traitants sont aussi très mobilisés dans les raffineries : au Havre, par exemple, sur les blocages de la zone industrielle, les sous-traitants de Fouré Lagadec, Spie HNO, Altrad Endel sont très mobilisés sur la question des salaires mais aussi sur les retraites. Le dépôt stratégique de la CIM est également en grève reconductible jusqu’au 9 mars 19h.

La mobilisation est aussi très forte chez les avitailleurs. Chez Avitair on compte par exemple 100% de grévistes à Marseille et Strasbourg, 75% à Brest ou encore 50% à Beauvais. Chez WFS, 100% des salariés étaient en grève à Tarbes et 20% à Bordeaux.

Sur les piquets, la détermination à aller jusqu’au bout est importante, d’autant que le nombre de fédérations et syndicats ayant rejoint l’appel à la grève reconductible commence à réduire le risque d’une « grève par procuration ». Si la perspective d’une grève reconductible dans tous les secteurs de l’économie est encore à construire, c’est ce à quoi s’attellent les raffineurs de toutes les raffineries.


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Arthur Nicola

Journaliste pour Révolution Permanente.
Suivi des grèves, des luttes contre les licenciements et les plans sociaux et des occupations d’usine.
Twitter : @ArthurNicola_

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