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Politique

Un véritable panier de crabes

Hidalgo frappe fort sur Hollande, Valls et Macron et réaffirme son soutien à Peillon

Alors que l'échéance de la primaire à gauche se rapproche à grands pas, la campagne se transforme peu à peu en combat de coqs dans un panier de crabes où chacun essaie de placer ses pions. Anne Hidalgo, maire de Paris, ne déroge pas à la règle. Avec 2022 en ligne de mire, elle mise sur un candidat à la fois proche de ses idées, « un-peu-à-gauche-mais-pas-trop », mais qui n'incarne pas (complètement) l'échec du quinquennat Hollande : Vincent Peillon, ancien ministre de l'Education. Léonie Piscator

jeudi 12 janvier 2017

Le message est clair : Anna Hidalgo ne partage pas le bilan du quinquennat, et elle ne s’en cache pas. Pour elle, ils sont trois à être « responsables de l’immense gâchis du quinquennat qui se termine […] François Hollande, qui a décidé de la politique à conduire, Emmanuel Macron qui a été son conseiller et l’inspirateur d’une pensée qui a très largement fracturé la gauche, et Manuel Valls. » Et pour résorber cette fracture, il faut un candidat qui puisse faire le pont entre Macron sur la droite et Mélenchon sur la gauche. C’est, pour la mairesse de Paris, Vincent Peillon qui est le mieux placé pour « rassembler la gauche ». C’est ce que lui-même affirme dans une longue interview que lui consacre Libération jeudi 12 septembre.

« Seul le positionnement de Vincent Peillon peut permettre à la gauche d’être au deuxième tour. Il vient occuper un espace que d’autres se sont évertués à détruire » a-t-elle déclaré ce jeudi au journal Le Monde. C’est ce même espace qu’Anne Hidalgo a elle-même essayé d’occuper en tant que maire de la capitale. Parmi ses adjoints, on trouve notamment, outre des personnalités issues du PS, des écologistes et des membres du PCF.

En tapant dur sur ceux qui incarnent l’échec de la présidence Hollande tout en soutenant un candidat à la primaire qui a pourtant été ministre de l’Education et grandement participé à la casse du système éducatif, Anne Hidalgo tente de se positionner au mieux, par candidat interposé, en vue de 2022. Et elle n’y va pas de main morte : « il y a eu beaucoup d’amalgames et d’inculture de la part de ceux qui ont été les chefs de file de ce quinquennat. Ils nous ont conduits à un état de confusion absolue. Je leur en veux pour cela. Je suis triste face à cet énorme gâchis. Nous n’étions pas obligés de nous infliger ça ». Une déclaration qui trouve un écho dans cette phrase prononcée par Vincent Peillon lors l’annonce de sa participation à la primaire : « la primaire est une machine à fabriquer de l’unité. (…) Je veux être le candidat du rassemblement ».

En effet, le travail d’équilibriste est compliqué, car il s’agit pour Peillon de faire oublier sa contribution au désastre du quinquennat tout en s’érigeant en candidat responsable et rassembleur, plus à gauche que Valls mais plus modéré que Montebourg et Hamon. C’est précisément le pari risqué que fait Anne Hidalgo en misant sur celui qui est, à ses yeux, le plus capable d’incarner une gauche unie, draguant les électeurs « de gauche » au sens le plus large et étendu du terme… y compris en direction du centre. Ce qui en ressort, c’est que la primaire oppose des personnalités bien plus que des projets politiques.




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