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L’Intersyndicale angevine vent debout face au maintien des activités non-essentielles

Dans un communiqué, l'intersyndicale d'Angers dénonce la politique du gouvernement qui d'un côté impose le confinement mais qui de l'autre incite les entreprises à continuer de tourner au mépris de la sécurité des salariés.

jeudi 26 mars

À l’image de nombreuses entreprises où les salariés ont fait valoir leur droit de retrait pour dénoncer le double discours du gouvernement (restez chez vous mais allez bosser quand même), l’intersyndicale du Maine-et-Loire a sorti un communiqué où toute la politique du gouvernement fait l’objet d’un sévère diagnostic. Dénonçant les mesures de confinement insuffisantes à propos des entreprises non vitales, les syndicats CGT, FO, FSU et Solidaires affirment qu’« il est complètement incohérent qu’à titre individuel nous puissions être punis d’une amende en cas de non-respect du confinement et que les entreprises non essentielles à la gestion de la crise soient autorisées à regrouper des centaines de salariés ».

L’intersyndicale d’Angers condamne les entreprises qui continuent de tourner au nom d’impératifs économiques qui mettent concrètement en danger la vie de leurs salariés et de toute la population. « Qui ira annoncer le décès d’un salarié qui a été obligé de rester travailler dans une entreprise non essentielle au nom de la sacro-sainte vision libérale du président de la République et de son gouvernement ? » interroge l’intersyndicale. Lundi dernier, Gilles Mapelli, secrétaire de l’Union locale CGT d’Angers, dénonçait dans Ouest France les entreprises qui avaient recours à « des intérimaires, qui pour certains, ont travaillé la semaine dernière sans aucune protection » au mépris total des mesures de sécurité.

Critiquant Pénicaud qui trouvait « scandaleux  » qu’on appelle à « arrêter les chantiers », l’intersyndicale du Maine-et-Loire fustige la confusion dans le discours du gouvernement et affiche son soutien aux salariés de ce secteur. Dénonçant la surdité du gouvernement face aux mouvement de grève des personnels soignants dans les hôpitaux, le secrétaire de l’Union locale CGT d’Angers dénonce le revirement du discours gouvernemental qui en fait des « héros » alors qu’ils « n’ont jamais été entendus, ni même pris en considération » et qu’ils « ont même été malmenés » lorsqu’ils « se faisaient entendre dans la rue sur leurs conditions de travail ainsi que sur le manque de moyens pour la gestion du quotidien ».

Plus généralement, c’est la politique offensive du gouvernement contre les droits des travailleurs qui alarme le communiqué de l’intersyndicale. « Il est hors de question d’user de cette période pour remettre en cause les droits des salariés » : RTT et Comptes épargne temps imposés, congès 2020 imposés, salaires indemnisés à 84% alors que « le gouvernement a annoncé avoir débloqué une enveloppe de 45 milliards pour financer le chômage partiel à 100 % », l’intersyndicale entend défendre les travailleurs contre l’offensive du patronat. Elle rappelle qu’en cette période de pseudo union sacrée que « le droit syndical comme le droit du travail ne sont pas solubles dans la crise sanitaire ».




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