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« La base a interpellé les syndicats et lancé le mouvement » : grève cheminote reconductible en Lorraine

Depuis le 11 décembre 2022, des conducteurs et contrôleurs de TER en région lorraine se sont mis en grève reconductible face à la détérioration de leurs conditions de travail. Impulsé par la base, le mouvement se poursuit depuis 3 semaines face à une direction qui propose des miettes. Un correspondant cheminot en Lorraine nous raconte la situation.

mercredi 4 janvier

Ces derniers mois, entre manque d’effectifs, retards ou suppressions de trains, les conséquences de la casse des transports publics sont sous le feu des projecteurs. Depuis le 11 décembre dernier, les cheminots de Lorraine se sont mis en grève reconductible et revendiquent de meilleures conditions de travail ainsi que des embauches supplémentaires.

Le réseau TER (Train Express Régional) est un réseau de la SNCF dont l’autorité organisatrice est la région. « La SNCF n’est qu’un prestataire, c’est la région qui décide de tout ; nombre de trains, le nombre d’arrêts, les horaires, etc... » nous indique un cheminot gréviste que nous avons contacté. Et d’ajouter : « Pendant des années, la région a demandé à la SNCF de réduire ses coûts, ce qui s’est traduit par des suppressions de postes, notamment à l’exécution, et maintenant, elle réclame un plan transport que nous ne pouvons plus réaliser. On demande un plan de transport en adéquation avec les ressources humaines et matérielles dont nous disposons, afin de garantir un service de qualité aux usagers ».

« La sonnette d’alarme a été tirée lorsque les délégués, chargés d’assister aux décisions prises par la direction sur les roulements et les conditions de travail se sont aperçus que le compte n’y était pas. Là où ils peuvent, la SNCF tentent de pousser au maximum notre productivité » nous raconte le cheminot. Cette année, le planning présenté par la direction pour 2023, a été « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase ».

« C’est un mouvement qui vient de la base, ce sont des conducteurs et des contrôleurs qui sont venus eux-mêmes interpeller les syndicats » nous explique-t-il. Concrètement le 12 décembre « on s’est réunis avec les camarades grévistes en assemblée générale pour commencer à s’organiser » raconte-t-il. Les effets n’ont pas tardé, les premiers jours de grève 90% de la circulation sur la moitié sud de la Lorraine a été supprimée.

Pour trouver une porte de sortie, les grévistes ont proposé un plan transport réduisant l’offre avancée initialement à 90% : « On s’est heurté à un mur. La SNCF et la région ont évidemment refusé, parce que politiquement, ça fait tache. » Quelques primes ont été proposées par la direction aux grévistes pour qu’ils sortent de la grève, mais elles ont été toutes refusées en bloc. « Ce sont des des primes dérisoires et qui ne répondent en aucun cas à nos problématiques. »

Ces derniers mois de nombreuses grèves ont émergé à la SNCF, comme celles des contrôleurs ou celles des aiguilleurs du Bourget. Pour lui, un lien peut être fait : « ils nous parlent d’ouverture à la concurrence, mais c’est clairement une marche forcée vers la privatisation. Nos salaires, nos conditions de travail et le service que l’on va proposer, ils sont détruits au quotidien. Et cela ne va pas s’arranger ».

Alors que cette grève s’inscrit dans un contexte d’offensive majeure de la part du gouvernement, avec la réforme des retraites prévue pour le 10 janvier, « il faut que l’ensemble des travailleuses et travailleurs se réveillent » conclue le cheminot. Et d’ajouter : « élargir et coordonner les différents secteurs en grève ce sera la clé pour imposer l’abandon de la réforme des retraites ».



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