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Politique

Reprise épidémique

Tests payants. Alors que le taux des hospitalisations augmente, le nombre de dépistages en chute libre

Illustration de l’échec de la stratégie sanitaire répressive du gouvernement, deux phénomènes se sont dessinés ces deux dernières semaines. Chute du nombre de tests Covid depuis la mise en place de leur déremboursement pour les personnes non vaccinées ou sans ordonnance, ainsi qu’un début de reprise épidémique.

vendredi 29 octobre

Crédits photo : Ludovic MARIN/AFP

Depuis la mise en application du déremboursement des tests antigéniques et PCR - coûtant désormais respectivement environ 20 euros​ et 43,89 euros - pour les personnes non vaccinées, sans ordonnance ou non déclarées cas contact, le nombre de tests Covid a drastiquement chuté. La semaine suivant la mise en application de cette mesure, la baisse du nombre de tests Covid enregistrée par rapport à la semaine précédente était de 20% selon le ministère de la Santé, passant de 2,97 millions de test à 2,3 millions de tests effectués. Un « effet [qui] était attendu et redouté par les épidémiologistes » comme le note le Huffinpost, et traduit l’incurie sanitaire du gouvernement. Quand le monde de la santé ne cesse de répéter que l’épidémie ne pourra prendre fin que si l’on corrèle la vaccination à des dépistages massifs afin de briser les chaînes de contamination, le gouvernement préfère une stratégie sanitairement punitive, soumise au chantage du pass sanitaire.

Ainsi, en pleine pandémie, l’État fait des économies sur les tests Covid. Moins 20% de tests hebdomadaires, c’est environ 25 millions d’euros économisés pour le gouvernement. La politique de ponction dans les caisses de la santé du gouvernement c’est aussi les 20% de lits d’hôpitaux fermés - soit un lit sur cinq - faute de soignants, comme indique le rapport du 5 octobre du Conseil scientifique.

En prime, l’objectif affiché des tests payants comme moyen de faire repartir le taux de vaccination, est un fiasco complet : le nombre de premières doses de vaccin injectées stagne toujours à 25.000 par jour. Contraindre plutôt que convaincre ne réduit pas la défiance vis-à-vis du vaccin mais le gouvernement a préféré faire reposer la responsabilité de sa gestion catastrophique de la crise sanitaire sur les plus précaires, qui représentent la majorité des personnes non-vaccinées.

Enfin, comme nous l’écrivions dans les colonnes de Révolution Permanente au lendemain de l’application du déremboursement des tests pour les personnes ne possédant pas de pass sanitaire « loin de prévenir une nouvelle vague épidémique, [cette mesure] ouvre de nouvelles possibilités d’accentuation pour tout à chacun : la catégorie la plus exposée à la Covid - exempt des effets de réduction de la contamination par la vaccination - n’a plus le droit aux test rapides et gratuits, ce qui encourage à l’absence de mesures sanitaires notamment chez les plus précaires. Ceci est le meilleur moyen pour observer une nouvelle hausse des contaminations en France. ». En effet la gestion autoritaire et antisociale de la crise sanitaire par le gouvernement a aujourd’hui bien conduit à un début de reprise épidémique. Comme titre le Monde ce vendredi, « La hausse des hospitalisations confirme la reprise de l’épidémie » : en une semaine +14% d’admissions à l’hôpital, et +12% en soins critiques ! Deux jours plus tôt, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement mentionnait que « le taux d’incidence dépasse à nouveau les 50 pour 100 000 habitants au niveau national et le seuil d’alerte a été franchi dans une quarantaine de départements ». À ce jour, nous ne pouvons supposer de l’évolution ou de la potentielle ampleur de ce rebond des contaminations. En revanche, celui-ci démontre une fois de plus l’échec de la stratégie sanitaire répressive du gouvernement.

À l’heure où la pandémie n’est toujours pas finie et que les premières marques d’une possible reprise économique commencent à poindre, Macron adresse autoritarisme et punition aux plus précaires pour asseoir des mesures totalement contre-productives, il faut imposer une stratégie sanitaire à la hauteur, choisie et mise en place par les soignants et la population. Une stratégie qui alloue les moyens nécessaires pour les hôpitaux, assure une campagne pédagogique sur la vaccination accessible à tou.te.s, garantisse les mesures préventives essentielles dont des dépistages massifs et gratuits, et revendique le contrôle ouvrier des grands groupes pharmaceutiques ainsi que la levée des brevets sur les vaccins.




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