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Jeunesse

100 balles et un mars

La plupart des étudiants travailleurs ne bénéficieront pas de la « hausse du SMIC »

Les étudiants font partie des nombreux oubliés des quelques mesurettes avancées par le gouvernement pour calmer la colère des Gilets Jaunes. Si plus d’un étudiant sur deux travaille, la plupart de ces étudiants-travailleurs ne bénéficieront pas de la hausse de la prime d’activité que le gouvernement a essayé de faire passer pour une hausse du SMIC.

mardi 18 décembre 2018

Crédit photo : Ben Garney

Alors que Macron annonçait il y a quelques jours que « le salaire d’un travailleur au SMIC » augmenterait de « 100 euros par mois sans qu’il en coûte un euro de plus pour l’employeur », nombreux sont celles et ceux qui ont senti venir l’arnaque. En effet, loin d’être une hausse générale des salaires ni même du SMIC, cette mesure se traduit par l’extension de la prime d’activité, qui est une prestation sociale, et qui n’est donc pas soumise aux cotisations sociales, n’est pas prise en compte pour le calcul de la retraite, et qui est en dernière instance financée… par le contribuable.

Parmi les grands oubliés du gouvernement en ce qui concerne cette mesure, les étudiants. Ils sont pourtant un sur deux à travailler à l’année, pour financer leurs études, les plus souvent à temps partiel. 25 % d’entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté, et ils étaient parmi les premières victimes de la baisse des APL.

Comme le rappelle le service CheckNews de Libération, la plupart des étudiants travailleurs ne sont pourtant pas éligibles à la prime d’activité et donc ne sont pas concernés par son extension. Car comme expliqué dans l’article « les règles sont en effet relativement restrictives pour un étudiant : les bourses d’études et gratifications de stages sont exclues, et le revenu d’activité doit être au minimum de 918,35 euros net, soit 78 % du SMIC. »

Ainsi, alors que les étudiants sont pour beaucoup parmi les secteurs les plus précaires de la population, et qu’ils subissent de plein fouet de nombreuses attaques du gouvernement (hausse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers hors Union européenne, ayant vocation à s’étendre par la suite à l’ensemble des étudiants ; sélection accrue à l’entrée de l’université ; manque de moyens alloués à l’enseignement supérieur…), ils restent encore une fois sur le banc de touche.

Une aberration justifiée en 2017 par le raisonnement saugrenu de la Direction générale de la cohésion sociale du Ministère des Solidarités et de la Santé : la non-éligibilité des étudiants à temps partiel concernant la prime d’activité « a pour vocation d’éviter de détourner les jeunes de leur formation, en ne ciblant que ceux dont le statut de travailleur prévaut sur celui d’étudiant ».

Maintenir les étudiants dans la précarité pour les pousser à étudier… Un raisonnement par l’absurde qui masque en réalité la volonté gouvernementale de renforcer la sélection sociale au sein de l’enseignement supérieur, et exclure définitivement les classes populaires des bancs de l’université.




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