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Politique

Mascarade au sommet de l’état

Le gouvernement se moque du monde. BlackRock ne gagne vraiment rien avec la réforme des retraites ?

Le gouvernement des riches tente en vain de dissimuler qu’il gouverne pour les grandes fortunes.

jeudi 2 janvier

Alors que la contestation contre la réforme des retraites bat son plein avec une grève record qui dure depuis le 5 décembre sans trêve, Agnès Pannier-Runacher, Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finances, a déclaré sur BFM TV que la firme BlackRock spécialisé dans la gestion d’actifs n’avait rien à gagner à la réforme des retraites. Ces déclarations vont directement à l’encontre des déclarations du directeur de la branche française de BlackRock, qui a récemment été promu officier de la légion d’honneur.

Pour BlackRock, « le marché français, c’est une boite de smarties » a déclaré Agnès Pannier-Runacher sur BFM TV. C’est là la défense de la secrétaire d’état qui veut faire taire les critiques de BlackRock qui l’accusent d’avoir fait du lobbying auprès du gouvernement dans l’élaboration de la réforme des retraites. BlackRock n’est pas à proprement parler un fond de pension. Il s’agit d’une compagnie spécialisé dans la gestion des capitaux d’investisseurs dont, par exemple, des fonds de pensions. Ainsi, la généralisation de la retraite par capitalisation profitera de façon indirecte à la firme de gestion d’actifs.

Ainsi selon le gouvernement, la firme américaine n’aurait pas particulièrement intérêt à la réforme. Cependant, d’après le directeur France de la firme, Jean-François Cirelli il en est tout autrement comme il l’a affirmé sur le plateau de France Info TV : « nous, BlackRock, qui avons une expérience, voulons la mettre au service de cette nouvelle épargne retraite (…) [L’épargne retraite] c’est bon pour les Français mais ce sera bon pour l’économie puisqu’on mettra plus de produits pour le développement de l’économie française (…) BlackRock veut être beaucoup plus présent dans ce beau pays et nous avons de grandes ambitions pour BlackRock en France ».

La légion d’honneur délivrée récemment à ce même Jean-François Cirelli pour la promotion du 31 décembre par le premier ministre montre aussi la proximité de celui-ci avec le gouvernement. Certains veulent y voir un « remerciement » de la part du gouvernement. En réalité, il serait plutôt l’inverse qui serait justifié, ce serait plutôt à BlackRock de remercier le gouvernement français avec une babiole.

Cependant cette nomination est loin d’être neutre. En effet, Jean-François Cirelli représente directement la fusion du gouvernement avec le grand patronat et cette promotion au rang d’officier de la légion d’honneur se situe dans la droite ligne d’une carrière entre publique et privé, pour le plus grand intérêt du capital. Cirelli a commencé sa carrière en tant que haut-fonctionnaire en étant le directeur adjoint de cabinet de Jean-Pierre Raffarin avant de rejoindre Gaz de France en tant que Vice-Président puis PDG de l’entreprise. Il a ainsi participé à la privatisation de GDF et sa fusion avec le groupe Suez. Acquis aux intérêts de la bourgeoisie française, il a rejoint BlackRock en 2016.

Ainsi même si la thèse qui verrait derrière cette promotion une rétribution du gouvernement n’est pas justifié, elle couronne la carrière d’un haut-fonctionnaire « pantoufleur » complètement au service de la bourgeoisie. Son parcours, symétrique de celui d’Emmanuel Macron et sa proximité qui semble lui prêter une certaine oreille montre l’intérêt affirmé des capitalistes pour le marché de l’épargne retraite et l’insistance du gouvernement à privatiser un secteur de plus de l’économie au détriment de l’immense majorité des travailleurs.

Crédit Photo : BFMTV




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