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Monde

Secrétaire générale du PT : libération immédiate !

Louisa Hanoune condamnée à 15 ans de prison : solidarité face à la répression du régime !

Placée en détention provisoire depuis le 9 mai dernier, la secrétaire générale du Parti des Travailleurs (PT) Louisa Hanoune a été condamnée à 15 ans de prison ferme ce lundi 25 septembre par un tribunal militaire pour « atteinte à l'autorité de l'armée » et « complot contre l'autorité de l'Etat ». Une lourde condamnation qui s'inscrit dans l'offensive toujours plus répressive d'un régime algérien en crise.

lundi 30 septembre

Le procès de Louisa Hanoune s’est tenu ce 23 septembre à huis-clos – aucun journaliste n’ayant été autorisé à entrer dans l’enceinte du bâtiment – au tribunal militaire de Blida près d’Alger, alors que la dirigeante du Parti des Travailleurs (PT) est incarcérée depuis plus 5 mois à la prison d’El Harrach, et que deux demandes de remise en liberté lui ont été refusée. C’est à la suite d’une réunion informelle pour « organiser la transition », avec notamment Saïd Bouteflika, le frère de l’ancien président, et du général Toufik, chef du Département des Renseignements et de la Sécurité (DRS) dissout en 2015, qu’elle avait été incarcérée le 9 mai dernier. Inculpée pour « atteinte à l’autorité de l’armée » et « complot contre l’autorité de l’Etat », Louisa Hanoune a été condamné lundi dernier à 15 ans de prison de ferme par le tribunal militaire de Blida.

Cette condamnation extrêmement lourde contre une dirigeante d’une des principales organisation du mouvement ouvrier en Algérie, est une attaque importante contre les droits démocratiques. Malgré toutes les critiques qu’il faut bien adresser à la direction du Parti des Travailleurs qui a soutenu Bouteflika pendant ses 4 mandats présidentiels et a préféré négocier avec la fraction libérale du bloc bourgeois algérien dès le début du hirak plutôt que de mettre sur pied un vrai plan de bataille à partir de ses positions acquises dans l’Union Générale des Travailleurs Algériens (UGTA, principale centrale syndicale en Algérie) pour que la classe ouvrière pèse de tout son poids dans le mouvement populaire avec ses propres méthodes, en particulier la grève générale, il n’appartient qu’aux travailleurs d’en juger, et non à un tribunal militaire dans le cadre des règlements de compte internes au régime. Car si Louisa Hanoune a été jugée aux côté de Saïd Bouteflika et du général Toufik, deux symboles de la corruption honnis par les masses populaires en Algérie également condamnés à 15 ans de prison, ce procès n’est qu’une manœuvre du régime dirigé aujourd’hui par le chef de l’état-major Ahmed Gaïd Salah et le gouvernement Bensalah-Bédoui pour se laver les mains des affaires de corruption qu’ils ont non seulement cautionné mais dont il ont bien profité pendant ces 20 dernières années. Ainsi à travers cette fausse opération « mains propres », ils tentent de donner aux masses populaires algériennes l’illusion que leur revendications auraient été entendues.

En effet cette condamnation s’inscrit dans un contexte où le régime tente un passage en force pour organiser des élections présidentielle le 12 décembre prochain contre l’avis des millions d’algériens descendus chaque vendredi dans les rues depuis le 22 février. L’objectif est ainsi de canaliser les revendications démocratiques vers une voie de garage, celle d’élections présidentielles organisées par une « instance de contrôle indépendante ». Tout cela pour reconduire un gouvernement associant appareil bureaucratico-militaire et libéraux, afin de mener les réformes néo-libérales et antisociales que réclament l’impérialisme, dont le projet de loi de finance 2020 qui prévoit des suppressions de postes dans la fonction publique, une ouverture accrue des capitaux sociétés nationales aux investissements privés étrangers ainsi qu’à l’endettement auprès des institutions financières internationales dont le Fonds Monétaire Internationale, dans le but de brader les richesses du pays aux multinationales. Des élections présidentielles qui permettront donc au régime d’accélérer le rythme des contre reformes néo-libérales engagées par Bouteflika durant ses 20 ans de règne.

Face aux attaques du régime contres les droits démocratiques qui visent à affaiblir la classe ouvrière et ses organisations, les travailleurs et les masses populaires doivent s’organiser dans les quartiers populaires, les lieux de travail et d’études pour exiger la libération immédiate des détenus politiques, le retrait du projet de loi de finance 2020, et boycott des élections du 12 décembre, par les manifestations et la grève générale, afin de mettre en place une assemblée constituante révolutionnaire chargée d’en finir avec le institutions du régime, de réaliser les tâches de l’indépendance nationale pour de bon, de rompre avec l’impérialisme, et de répondre aux besoins démocratiques et sociaux de l’ensemble des masses opprimées algériennes.




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