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Malgré les annonces de Blanquer, les professeurs très fortement mobilisés, 65% de grévistes dans le secondaire

Des taux de grève impressionnants ce mardi 17 décembre dans l'Education nationale. Preuve que les annonces de Jean Michel Blanquer et d'Edouard Philippe n'ont convaincu personne... Avant les fêtes de fin d'année, radicaliser la grève pour faire plier Macron !

mardi 17 décembre 2019

Alors que le Ministère de l’Education nationale pariait sur des taux de grève plus bas que la journée du 5 décembre, les enseignants du primaire et du secondaire font preuve une fois de plus de leur détermination. Selon les chiffres des syndicats, pas moins de 50% des enseignants du primaires et 65% des profs de secondaire sont de nouveau en grève ce mardi 17 décembre.

A Paris près de 179 écoles sur 650 sont complètement fermées.

Plusieurs assemblées générales se sont réunies ce matin et ont voté la reconduction de la grève, comme c’est le cas au Havre, par exemple, qui a reconduit jusqu’à la rentrée de janvier.

Des chiffres qui sont impressionnants et ce d’autant plus quand on les compare aux efforts qui sont déployés par le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer et, plus largement, par le gouvernement, pour multiplier les effets d’annonces et les promesses en direction des enseignants, le tout pour tenter de "décoaguler" les colères. En effet, depuis près de deux semaines le gouvernement ne cesse de marteler que des mesures seraient prises pour que les pensions de retraite des enseignants restent les mêmes avec la nouvelle réforme des retraites. Des simulateurs mis en place par les organisations syndicales montrent au contraire comment les profs seraient largement perdants, pouvant perdre jusqu’à 800€ de pension mensuelle. Le gouvernement agite la promesse d’une revalorisation des salaires des enseignants, dont le point d’indice est gelé depuis des années, et parle de 10 milliards qui seraient dédiés à cet égard. Mais les enseignants l’ont bien compris : il ne s’agit ni plus ni moins d’une tentative pour apaiser la colère et le ras le bol qui s’exprime dans l’Education nationale.

Et pour cause, partout, les enseignants mettent en avant comment leurs conditions de travail se sont dégradées, témoignent de leur précarisation, une situation alarmante au point où une directrice d’établissement s’est même suicidée sur son lieu de travail, mais aussi leur difficulté à vivre décemment ou encore la perte de sens de leur métier. Un malaise très profond qui ne date pas de la réforme des retraites, mais dont celle-ci a constitué la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, après des mois d’agitation qui avaient déjà donné lieu à une grève du bac en juin 2019.

Enseignants : c’est le moment de passer un cap supérieur

Le gouvernement fait face aujourd’hui à une grève interprofessionnelle et à une nouvelle journée de mobilisation nationale et unitaire, dont le front syndical s’est même élargi aux syndicats dits "réformistes". Hier, on apprenait la démission de Delevoye après qu’il ait été mis en cause pour avoir "oublié" de mentionner ses 14 mandats. Le gouvernement n’a plus qu’une arme en main : tenter de jouer la carte du pourrissement, attendre que la mobilisation se retrouve isolée, à moins d’une semaine des fêtes de fin d’années, et tenter par tous les moyens de retourner l’opinion publique jusqu’ici très largement favorable au mouvement. La victoire est possible mais pour cela l’ensemble des secteurs mobilisés, à commencer par les profs, doivent franchir un cap dans le rapport de force. Pour cela il est nécessaire que les organisations syndicales de l’Education nationale, à commencer par la FSU, appelle dès aujourd’hui à une reconductible de 72h pour rejoindre les transports, mais aussi les raffineries, les ports et docks, et poser la perspective d’une grève générale seule à même de faire plier Macron !




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