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Politique

Loi sécurité globale

Marine Le Pen soutient (sans surprise) la loi sécurité globale du gouvernement

Alors que la loi sécurité globale est sur le point d'être votée, Marine Le Pen fait mine d'avoir des réserves sur un projet de loi liberticide qu'elle valide de part en part.

lundi 16 novembre

crédit photo : Capture d’écrant BFMTV

Il y a ce qui va dans le « bons sens » et ce qui va dans le « mauvais sens » dans un projet de loi d’après Marine Le Pen et, décidément, on ne voit pas le « bon sens » du même œil. Surtout en ce qui concerne la loi sécurité globale qui va notamment interdire de filmer les forces de répression dans les manifestations. Ainsi, selon la présidente du RN, le « mauvais côté » de cette loi c’est qu’elle va entériner la « philosophie d’En Marche » selon laquelle « en toute circonstances ils considèrent que pour pouvoir lutter contre un problème il faut surveiller ou censurer l’intégralité du peuple français ». En somme, la loi pêche uniquement parce qu’elle s’appliquera aussi aux bons français.

La présidente du RN ne s’y trompe pas en voyant derrière la loi sécurité globale une résurgence de la loi Avia qui, sous couvert de « lutte contre la haine sur internet », pouvait devenir un instrument de censure généralisée. Marine Le Pen s’insurge donc contre cette loi qui pouvait « soumettre à la censure des Gafa l’ensemble des tweets de tous les français pour pouvoir lutter contre les islamistes », sans bien entendu mentionner que les contenus haineux venant de son propre parti étaient également légion. Dernier exemple en date : les menaces de morts sur twitter à l’encontre de notre camarade Anasse Kazib de la part de Thierry Veyrier, cadre du RN. Une loi sécurité un peu moins globale et qui viserait exclusivement les manifestants serait plus du goût de la leader d’extrême droite.

Toutefois, sur le fond, tout va donc dans le « bons sens » selon Marine Le Pen qui, une fois encore, abonde dans le sens de la politique répressive du gouvernement Macron. « Tout ce qui peut contribuer à protéger nos policiers est une bonne chose » déclare-t-elle au micro de BFMTV ce dimanche. Elle approuve donc parfaitement les entraves liberticides contre le droit de presse et les dénonciations des violences policières qui depuis des années défrayent la chronique tant l’impunité des forces de répression est grande. Comme toujours, le RN sait être du côté des forces de l’ordre bourgeois et de sa clientèle électorale.

Le numéro deux du RN, Jordan Bardella, ne s’y trompe pas. Il salue une « bonne mesure » à propos du floutage des visages des policiers et gendarmes tout en déplorant son côté « dérisoire », pour se démarquer quand même un peu du gouvernement Macron. Selon lui, c’est d’une « politique pénale beaucoup plus ferme, beaucoup plus efficace » qu’à besoin le gouvernement pour faire face au « sentiment d’impunité de tous ceux qui, au quotidien, s’en prennent aux forces de l’ordre », comme si la répression n’était pas assez forte. Il va même jusqu’à revendiquer sur le plateau de LCI le doublement des peines pour les actes contre les forces de répression et l’installation d’un magistrat dans chaque hôtel de police pour « exécuter les peines beaucoup plus rapidement ».

En ces temps d’offensive islamophobe et sécuritaire où les frontières entre Darmanin et Le Pen deviennent de plus en plus poreuses, les déclarations de la présidente du RN sur la loi sécurité globale ne dupent personne. Une simple passe d’arme pour marquer un léger désaccord sur la forme mais une adhésion totale sur le fond et sur l’intensification à tout niveau de la répression que le gouvernement entend mener contre les luttes.




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