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Politique

Le "monde d'après" ?

Non-vaccinés, des vacanciers privés d’espaces de loisirs sur un bateau de croisière

Dans les croisières de la compagnie Royal Caribbean, les passagers non-vaccinés sont privés de l'essentiel des agréments de la croisière. Une préfiguration du "monde d'après", où la gestion de erratique de la crise par les gouvernements risque d'entériner des restrictions sanitaires durables pour les non-vaccinés.

lundi 12 juillet

Crédit Photo : Joe Raedle/AFP

Le Freedom of the Seas de la compagnie maritime Royal Caribbean, parti de Miami pour les Bahamas, offre en miniature un condensé du monde d’après le Covid-19. Et, contrairement à ce qu’on nous avait promis, le monde ne s’est pas amélioré et la "liberté" promise n’est pas au rendez-vous. Les passagers du bateau de croisière qui ne sont pas vaccinés en font actuellement l’amère expérience, au sein de ce microcosme hautement révélateur des logiques à l’œuvre dans le monde sous pandémie, en étant tout simplement confinés dans une sorte de ségrégation sanitaire.

En effet, casinos, sushi bar, boîtes de nuit, spas, piscines d’intérieur et meilleurs restaurants sont strictement interdits aux vacanciers qui ne se sont pas fait vaccinés. Le théâtre reste accessible, mais les non-vaccinés sont reclus tout au fond de la salle. Seuls quelques espaces leurs sont ainsi autorisés, alors que les autres vacanciers peuvent profiter à leur aise des différents espaces. De petits bracelets conçus spécialement pour l’occasion permettent de voir si l’on appartient à la classe privilégiée des vaccinés, ou à celle des non-vaccinés. À cela, on peut ajouter que l’essentiel des vacanciers non-vaccinés sont des enfants.

Le capitalisme marchant toujours à plein, les vacanciers n’étant pas vaccinés ont dû réaliser trois tests PCR payants avant d’embarquer. À raison de 136 à 178 dollars pour réaliser les tests trois jours (avant l’embarquement, juste avant l’embarquement et au moment de débarquer), les vacanciers se retrouvent pris dans les mailles de l’industrie pharmaceutique. Les assurances s’en donnent également à cœur joie : la compagnie Royal Caribbean exige que les passagers non-vaccinés aient un assurance « couvrant au moins 25 000 dollars de frais médicaux et 50 000 dollars par personne pour les coûts associés à la mise en quarantaine et à l’évaluation médicale liée à une infection par le virus Covid-19 ». Ainsi, il faut compter en moyenne 200 dollars de plus pour une famille de quatre personnes partant une semaine.

Le cas des vacanciers non-vaccinés traités comme des clients de seconde zone sur les croisières de la compagnie Royal Caribbean illustre, à échelle réduite, la manière dont le capitalisme cherche à se sortir à moindre coût de la pandémie qu’il a lui-même provoquée en instaurant des logiques de ségrégation sanitaire, au détriment de larges secteurs de la population et en particulier des personnes n’ayant pas accès au vaccin.




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