^

Jeunesse

Education Nationale

Nouveau jouet de Blanquer : des amendes pour les familles d’enfants violents ?

Invité au micro de RMC pour le BourdinDirect, Jean-Michel Blanquer est revenu sur un projet de loi répressif qui vise à pénaliser les familles d’enfants violents à l’école. Loin de se poser comme une solution face à la précarité qui est une raison de cette violence, le ministre de l’éducation nationale réfléchit à plonger d’avantage les familles précaires dans la misère sociale et économique.

samedi 6 avril

Pour réagir aux milliers d’enseignants qui ont battu le pavé jeudi dernier, Jean-Michel Blanquer s’est empressé de réserver une place dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin sur RMC pour tenter d’inverser la vapeur. En effet, le mouvement des enseignants a de quoi inquiéter l’exécutif en pleine crise des gilets jaunes qu’il a du mal à refermer au bout de quatre mois de mobilisation très radicale.

Dans un article écrit à l’occasion d’une déclaration de Blanquer datant de février, nous décrivions les premiers jets de cette mesure répressive qui vise en priorité les familles des quartiers populaires faisant, selon les dires du ministre de l’éducation, des parents «  complices d’une évolution violente  » de leurs enfants.

Ce matin, Blanquer déclarait au micro de RMC «  Il y a aujourd’hui toute une série de formules juridiques qui permettent de dire à une famille que si un certain nombre de choses ne sont pas rectifiées, il peut y avoir des conséquences de toute ordre pour cette famille. Ces conséquences peuvent être pécuniaires.  » Si la volonté de supprimer les allocations familiales à ces familles n’est plus d’actualité selon le premier ministre, il n’écarte pas la possibilité de dispenser des amendes en réponse aux actes violents de leurs enfants. Le montant de ces amendes n’est pas encore connu mais elles contribueront comme élément majeur à la guerre qu’a lancé le gouvernement contre les classes les plus défavorisées de notre société.

Blanquer, en déclarant les parents « complices » de la violence exercée par leurs enfants, inverse totalement les causes premières de ces comportements. Du côté de l’éducation nationale, les maternelles, les écoles primaires, les collèges et les lycées sont asphyxiés par les coupes budgétaires qu’opère constamment l’État que ce soit au niveau du matériel d’enseignement, dans les salaires des enseignants ou autre. Malgré cela, ce serait les familles les premières responsables lorsque, en réaction aux diverses frondes de l’État sur les acquis sociaux des couches les plus prolétarisés, le moyen d’expression de cette précarité se canalise dans une violence dans les établissements scolaires.

Un départ de feu dans l’enseignement

Initialement, le ministre de l’éducation venait « clarifier » au micro de Bourdin le projet si mal-nommé « école de la confiance » qui prévoit une refonte du système éducatif de la maternelle au lycée, tout juste un an après que les réformes du lycée et de l’université ne passent. Car si les enseignants se sont mis en grève pour la deuxième fois en deux semaines avec un suivi de plus de 70% dans l’académie de Paris, c’est sûrement parce qu’ils n’ont pas compris la merveilleuse réforme imposée par l’exécutif.

crédit photo : IP3 PRESS/MAXPPP/Vincent Isore




Mots-clés

Jean-Michel Blanquer   /    Education   /    Répression   /    Jeunesse   /    Politique