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Notre classe

Ce n'est pas aux travailleurs de payer la crise !

Plus de 500 licenciements chez TUI France, l’intersyndicale appelle à la grève le 8 septembre

Les annonces de licenciements massifs continuent, et le secteur du tourisme est durement impacté par la crise sanitaire et économique liée à la pandémie de coronavirus. La direction de TUI France annonce 583 suppressions de postes sur 904 salariés. Face à cette attaque, l’intersyndicale appelle à une grève le 8 septembre.

jeudi 27 août

Le mercredi 17 juin, la direction du groupe TUI France annonçait la suppression de 583 postes sur un total de 904 salariés (soit deux emplois sur trois), avec la fermeture ou la vente de 65 agences. Les mesures de confinement liées à la pandémie de coronavirus et l’arrêt de l’activité ont impacté durement le secteur du tourisme et face à ça la réponse du patronat est la suivante : faire payer la crise aux travailleurs.

Concernant TUI, l’entreprise en France, n’en est d’ailleurs pas à ses premiers licenciements de masse. En effet, comme l’affirme le secrétaire général du Comité Social et Economique (CSE) Lazare Razkallah : « Nous avons déjà eu 600 postes de supprimés en 2012, 300 postes en 2013-2014, plus de 300 postes en 2017. Ça n’a rien donné parce que la stratégie n’était pas là. Une nouvelle fois, cela devait être dans les cartons et ils précipitent les choses avec la crise. C’est un effet d’aubaine ».

De plus, les salariés ont appris leur potentiel licenciement dans la presse, alors que le PDG de la filiale française, installé au Maroc, le nouveau pays d’accueil des agences de l’entreprise de tourisme, refuse de leur parler : « C’est plus facile de licencier les gens par Zoom, il coupe le micro quand on lui demande de rendre des comptes », témoigne Lazare Razkallah.

Par ailleurs, l’entreprise de tourisme en France a reçu en juin une aide publique de 10 millions d’euros dans le cadre du Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE). Alors que le CICE a été présenté par les gouvernements d’Hollande et de Macron comme un moyen de lutter contre le chômage, TUI France va licencier les employés avec de l’argent public : « Encore une fois, l’argent public ne sert qu’à pérenniser les profits de l’entreprise et à faire payer les frais de la crise aux travailleurs » rapporte le délégué syndical Lazare Razkallah. *

Rappelons également que l’Etat français a mis en place un plan de relance de 18 milliards d’euros pour le tourisme suite au confinement et que les salariés de TUI France sont en chômage partiel depuis le 18 mars avec une baisse de salaire de 16 %. De plus, le groupe TUI a bénéficié d’un prêt de l’Etat allemand de 1,8 milliards d’euros en avril, puis d’1,2 milliards d’euros en août.
Cet argent public remis entre les mains des grands dirigeants de l’entreprise n’a pas pour fonction et n’est pas utilisé au profit des emplois des salariés et leurs acquis sociaux. En effet, le patronat continue d’attaquer les travailleurs et travailleuses à coup de licenciements et de baisses salaires pour conserver leurs profits intacts.
 

Les travailleurs et travailleuses s’organisent pour lutter contre les licenciements

 
Dans le but de s’organiser pour lutter contre ce Plan de Sauvegarde pour l’Emploi (PSE) désastreux, une première assemblée générale a eu lieu le 23 juin dernier.
L’intersyndicale regroupant l’ensemble des syndicats présents dans l’entreprise (CFDT, CGT, CFE-CGC) a réuni 600 salariés de façon virtuelle, qui ont pu échanger sur les moyens à mettre en œuvre contre les futurs plans de licenciements. Une autre AG a eu lieu le 30 juin et a réuni 450 employés, au cours de laquelle les travailleurs et travailleuses ont notamment pu faire part du mépris patronal quotidien dont ils sont l’objet : « Nous on est au service carnets de voyage, on n’a pas de 13eme mois, on a rien du tout. Pour moi, cette direction, elle nous manque de respect et il faut lui montrer qu’on est là », rapporte ainsi une salariée.

Les employés ont également discuté des futurs rassemblements, comme celui du 7 juillet devant le siège de TUI France à Levallois, ou encore de l’action qui a eu lieu fin juillet au siège régional de l’entreprise à Bruxelles, dans le but de se faire entendre par le PDG de celle-ci, Elie Bruyninckx
Il a été également question des moyens à mettre en place pour visibiliser leur lutte et faire de celle-ci une mobilisation contre tous les licenciements. En effet dans tous les secteurs d’activités, le patronat compte faire payer la crise aux salariés !

L’importance de l’auto-organisation des travailleurs

Les salariés de TUI France sont bien décidés à se battre pour leurs emplois, et à s’organiser dans le but d’établir un rapport de force conséquent. 

En ce sens, Lazare Razkallah insiste sur l’importance de la mobilisation des employés,« le conciliateur est utilisé par les entreprises pour éviter la cessation de paiement. La direction agite le chiffon rouge de liquidation judiciaire pour nous faire accepter le plan social ».

C’est pourquoi, comme ont pu le souligné des salariés de TUI France lors d’une AG : « Évitons de nous diviser pour faire le jeu de la direction, et on ne lâchera rien »
Les classes dominantes vont continuer de faire payer les salariés à coups de licenciements, de chantage à l’emploi, de baisse de salaires et d’acquis sociaux. C’est pourquoi il est urgent d’imposer aux patrons des mesures comme l’interdiction des licenciements, pour que ce ne soit pas aux salariés de payer la crise, et de soutenir l’appel à la grève des travailleurs et travailleuses de TUI France le 8 septembre.
 




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