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Politique

Adaptation à l'offensive sécuritaire

Sortie xénophobe : pour F. Roussel (PCF), sans droit d’asile "on a vocation à rentrer chez soi"

Encore une fois ce jeudi 10 juin, Fabien Roussel, candidat à la présidentielle pour le PCF s'illustre par son adaptation à l'agenda sécuritaire du gouvernement, après le rendez-vous des réactionnaires sur la manif de flics, ce sont les migrants qui sont dans le viseur de Macron... et de Roussel !

jeudi 10 juin

Crédit photo : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Interrogé sur Cnews, Fabien Roussel, candidat à la présidentielle pour le PCF, répond à la sortie réactionnaire de Macron. Le président justifiant un « tour de vis  » veut imposer un rythme accéléré à l’expulsion des réfugiés de France en disant qu’il y a « un taux d’acceptabilité de l’immigration de plus en plus bas  ». A Fabien Roussel de surenchérir pour les quelques 80 000 demandeurs d’asile qui n’ont pas la chance d’accéder au statut de réfugiés et résident illégalement en France, « s’ils n’ont pas vocation à rester sur le sol français, ils ont vocation à repartir et être raccompagnés chez eux […] je dis effectivement que quand on ne bénéficie pas du droit d’asile on a vocation à rentrer chez soi » pour le leader du PCF.

Alors que chaque année ce sont plus de 120 000 demandeurs d’asile qui arrivent sur le sol français, des guerres et leur lots de crimes menées par les principales puissances impérialistes comme les Etats-Unis ou l’Allemagne.

L’expulsion rapide et expéditive que Macron appelle de ses vœux n’est pas une surprise pour le chef du gouvernement qui a abattue une répression féroce sur les migrants, à Paris ou encore à Grand Scynthe, de la part d’un candidat à la présidentielle qui veut incarner une opposition « populaire, de progrès », elle peut sembler plus incongrue. Pourtant, ce n’est que le dernier symptôme de l’adaptation pleine et entière de Fabien Roussel et de son parti à la ligne droitière de la République en Marche. Une démonstration de plus, après la participation au candidat PCF à la manifestation de policiers, ou sa proposition de recrutement 30 000 policiers de proximités, de l’accompagnement du tournant autoritaire macronien ainsi que de la polarisation du débat sur le volet sécuritaire de la part du parti qui se dit « communiste », mais dont il ne reste plus la moindre trace.

Un parti qui pourtant n’en est plus à son coup d’essai dans la stigmatisation raciste et la volonté d’expulsion des migrants. Déjà dans les années 1980, le PCF expulsait physiquement des migrants à Vitry à coup de bulldozer, et se lançait à la chasse aux sorcières à Montigny, stigmatisant les populations immigrées et notamment marocaines sous le prétexte de la lutte contre le trafic de drogues. Si cette énième sortie réactionnaire de Fabien Roussel confirme des prises de positions de longue date du PCF, il faut voir qu’elle marque un nouveau cap dans leur discours sécuritaire et réactionnaire, avec un discours qui tend à se fondre pleinement dans la ligne sécuritaire du gouvernement.




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