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Notre classe

Touche pas à mon hôpital !

Pour ce deuxième mardi de la colère, la mobilisation continue dans les hôpitaux

Alors que le gouvernement a lancé, il y a de ça une semaine, son offensive pour reprendre la main avec son Ségur de la santé, le personnel hospitalier ne s’y trompe pas et continue de mettre en avant ses propres revendications lors de ce deuxième mardi de la colère qui a encore rassemblé beaucoup de monde dans de nombreuses villes pour exiger un autre système de santé.

mardi 2 juin

Crédit photo : Alain Jocard /AFP

Que ce soit à Marseille, Lyon, Sète, Montpellier et dans de nombreuses autres villes, les soignants se sont de nouveau réunis en ce mardi pour exprimer leur colère face à l’aveuglement du gouvernement et à sa tentative de concertation collective. Consultation dont les participants semblent avoir été triés sur le volet en omettant au passage des collectifs et associations particulièrement revendicatifs comme le collectif inter-urgences par exemple.

Quoi qu’il en soit, ce n’est pas à travers cette mascarade dont les objectifs sont déjà pré établis et dont les conclusions devront se rapprocher de celles attendues par le gouvernement – à savoir une accélération du démantèlement du service public hospitalier – que le milieu hospitalier pourra se faire entendre. Et les manifestants et manifestantes présents en nombre dans les différents rassemblements pour ce deuxième mardi de la colère l’ont bien compris. En témoignent https://www.revolutionpermanente.fr/Mardi-de-la-colere-a-Montpellier-un-hommage-aux-soignants-invisibles.

Ils refusent la division des salariés à travers l’attribution de primes seulement à certaines catégories (en référence aux « hospitaliers de l’ombre » qui ne sont « jamais vus, jamais reconnus » mais qui « ont travaillé comme des dingues » et touchent « de tous petits salaires ») ; ainsi que d’autres revendications plus générales : l’arrêt de la fermeture des lits, des moyens à la hauteur des besoins, un service public de santé qui réponde réellement aux besoins de la population.

Surtout, comme l’explique un délégué CGT, leur lutte ne s’arrête pas seulement à la santé et ils ont décidé de solidariser avec les évènements aux Etats-Unis :

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A Lyon, Marseille ou Toulouse, ce sont plusieurs centaines de soignants et soutiens qui se sont réunis devant les hôpitaux pour s’organiser et préparer le prochain temps fort organisé au niveau national et qui est prévu pour le 16 Juin.

Cette dynamique de mobilisation qui s’exprime à travers les mardis et les jeudis de la colère depuis le début du déconfinement est un signe fort du manque de confiance dont fait preuve le personnel soignant et l’ensemble de la population envers ceux qui ont nettement contribué à en arriver à cette situation dénoncée comme insoutenable avant la crise déjà et que cette dernière a révélé au grand jour ! Manque de lits, manque de personnels, conditions de travail, salaires, fermetures et réorganisation d’établissements …

Pour résumer c’est cette politique de gestion avec objectifs de réduction des dépenses et à terme de rentabilité du secteur pour l’ouvrir au privé qui a été menée depuis des années par les gouvernements successifs qui est remise en cause de manière massive par les premiers concernés : personnel hospitaliers et patients.

Portant si ces mobilisations sont encourageantes et que la date du 16 Juin semble s’annoncer comme une étape cruciale pour défendre un système de santé public accessible à tous et non soumis à des logiques de rentabilité, il est également très important de faire en sorte de faire converger les colères.

En effet, face à la crise économique qui ne fait que commencer et alors que les plans de licenciements s’enchaînent et ne devraient pas se cantonner aux secteurs de l’aéronautique et de l’automobile, il est de plus en plus urgent de s’organiser et se coordonner à la base afin de refuser ensemble de payer une crise que nous n’avons pas généré. C’est en agrégeant nos colères pour les cristalliser dans un mouvement massif qui permette d’obtenir un rapport de force capable de faire plier le gouvernement et le patronat que l’on pourra espérer changer la donne. Contre toute tentative de récupération par le gouvernement qui fabrique un faux grenelle de la santé où personne n’est invité, les soignants disent leur colère et c’est désormais aux autres secteurs de la rejoindre.




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