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Ministres corrompus

Procès de Dussopt pour « favoritisme » : le ministre de la retraite à 64 ans devant la justice

Olivier Dussopt comparaitra devant la justice à partir de ce lundi, soupçonné d'« avantage injustifié » et de « favoritisme ». Le responsable de la réforme des retraites et du durcissement de l’accès au RSA est accusé de collusion avec l'entreprise Saur, numéro 3 de la distribution d’eau en France.

Antoine Chantin

27 novembre 2023

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Procès de Dussopt pour « favoritisme » : le ministre de la retraite à 64 ans devant la justice

Crédits image : capture d’écran LCP

Nouvelle semaine, nouveau ministre devant la Justice. Deux jours avant que la Cour de justice de la République ne rende son délibéré concernant le propre ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, accusé de « prise illégale d’intérêts », le ministre du Travail, Olivier Dussopt comparait à son tour ce lundi 27 novembre, pour cinq jours, devant la 32ème chambre du Tribunal correctionnel de Paris.

Celui qui a pendant six mois fait la tournée des plateaux de télévision pour vendre une réforme des retraites « juste et nécessaire » est poursuivi, soupçonné d’avoir commis un délit de « favoritisme ». Lorsqu’il était maire de la ville d’Annonay, l’artisan de la retraite à 64 ans aurait ainsi accordé un « avantage injustifié » au numéro 3 de la distribution d’eau en France, la Société d’aménagement urbain et rural (Saur), dans le cadre d’un appel d’offre pour un contrat de 5,6 millions d’euros.

C’est aux côtés d’Olivier Brousse, directeur général de la Société d’aménagement urbain et rural (Saur), poursuivi pour « complicité de favoritisme par instigation », et de la société Saur elle-même, accusée de « recel de favoritisme », que Olivier Dussopt comparaitra devant la justice. Il aurait reçu en 2017, des mains même du patron de la Saur, deux lithographies du célèbre peintre Gérard Garouste. Un « cadeau », offert quelques jours après l’annonce d’un partenariat industriel conclu entre la ville d’Annonay et la Saur, dont le député-maire Olivier Dussopt s’était venté sur les réseaux sociaux(dans un tweet supprimé depuis).

Habitué des formules approximatives et des affirmations douteuses, à l’image de ses mensonges sur la retraite minimum à 1.200€ pour promouvoir sa réforme des retraites, Olivier Dussopt justifiait en 2020 l’obtention de ces deux œuvres d’art en prétextant que ce n’était qu’un cadeau d’un « ami, qui habite dans ma circonscription ». Dès le lendemain il avait du rétropédaler et expliquer que c’était finalement un « cadeau de l’entreprise » et qu’il avait « décidé de restituer ce cadeau dans les plus brefs délais ».

Un climat de corruption, habituel en macronie, qui éveilla les soupçons du Parquet national financier. Lors d’une perquisition en août 2020, dans la foulé de l’ouverture d’une enquête, l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales a saisi plusieurs documents qui semblent démontrer les nombreuses collusions qui existent entre les patrons de la Saur et le ministre du Travail. Des échanges de courriels avec des agents municipaux et le compte-rendu d’une réunion secrète entre Olivier Dussopt et le dirigeant de la Saur semblent démontrer que le ministre est, depuis longtemps, habitué à satisfaire aux demandes de l’entreprise. Face aux exigences du directeur général de la Saur, réclamant que les critères de l’appel d’offre ne soient pas « trop contraignants », Olivier Dussopt se serait aussi tôt exécuté, réalisant un marché sur mesure. « On est sur une construction de favoritisme avant l’appel d’offres avec un candidat associé au pouvoir adjudicateur », indiquait au Monde une source proche de l’enquête.

Les petits arrangements entre le ministre du Travail et la Saur, entreprise qui réalisait pas moins de 1,6 milliards de chiffres d’affaires en 2021, démontrent une fois de plus toute l’hypocrisie des ministres d’un gouvernement qui ne cesse de multiplier les attaques sociales contre les travailleur.euses. Celui qui va se retrouver sur les bancs des accusés pour « favoritisme » était en effet le premier à déplorer le « coût » du système de retraites ou à villipender les « assistés » lors de sa réforme du RSA. Après Éric Dupont-Moretti et une longue liste de macronistes, il s’agit d’un nouveau rappel de la collusion des dirigeants politiques avec les entreprises, en en profitant pour y tirer profit au passage.


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