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Politique

Front républicain

Régionales en PACA : le PCF appelle à voter... pour la droite au second tour !

Pour le second tour des régionales dans le PACA, le PCF appelle à voter LR après le retrait de Jean-Laurent Félizia (liste union de la gauche) pour laisser place nette au duel fratricide entre Thierry Mariani (RN) et Renaud Muselier (LR).

lundi 21 juin

Crédits photo : AFP/Nicolas TUCAT

Dimanche soir, les élections régionales livraient leurs premières conclusions. Sur fond d’abstention historique de près de 68% et de discrédit des institutions politiques, la droite sort vainqueur de ce premier tour. Pour le reste de l’échiquier politique, les résultats sont mitigés à gauche où aucune force hégémonique ne semble pouvoir surgir et très décevants pour LREM qui se prend une énorme claque à un an des présidentielles ainsi que pour l’extrême-droite dont le résultat est très en-deçà de ses attentes. Ainsi, sur les six régions dans lesquelles il était donné vainqueur et qu’il espérait emporter, le RN est en position de le faire seulement dans la région PACA où Thierry Mariani (RN) est arrivé en tête avec 36,38% des voix devant Renaud Muselier (LR) à 31,91%.

Arrivé troisième, Jean-Laurent Félizia, la tête de liste Europe Ecologie-Les Verts de l’union de la gauche (PS/PCF/EELV), a dans un premier temps souhaité maintenir sa candidature au second tour avant que les états-majors parisiens, ses colistiers et la pression au front républicain n’aient raison de lui. Ce lundi 21 juin à Marseille, Jean-Laurent Félizia a donc officialisé le retrait de sa liste et a appelé à voter Renaud Muselier. « Je n’ai pas le droit de jouer avec le feu, pour l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants, pas le droit de prendre le risque d’offrir au parti de Marine Le Pen un marchepied funeste » a-t-il expliqué avant de conclure « Je ne suis pas propriétaire des voix des électeurs, et si j’ai de la peine à vous l’avouer, je peux vous dire avec insistance que je voterai pour Renaud Muselier dimanche prochain, pour battre Thierry Mariani et sa triste cohorte ».

Le PCF a rapidement emboité le pas et Anthony Gonçalves, colistier PCF de la liste Rassemblement écologique et social de Jean-Laurent Félizia, a appelé à son tour à « utiliser le bulletin de vote Renaud Muselier pour barrer la route au Rassemblement national ». Au nom du « barrage » à construire contre l’extrême-droite, le PCF, qui dès le premier tour avait fait le choix d’une alliance avec le PS et EELV, étend maintenant le front jusqu’aux Républicains et à l’architecte des politiques néo-libérales de privatisation et de casse du service public dans la région. C’est par exemple sous la direction de Renaud Muselier que la région PACA été la première en France à consacrer l’ouverture à la concurrence de ses TER. Avec le soutien donc de l’ensemble de la gauche institutionnelle, celui qui a fait de la sécurité la première priorité de son programme et de sa campagne, rejoignant de facto le programme et les conceptions du RN sur de nombreux points, dispose désormais d’un soutien de poids dans le duel fratricide qui l’oppose à son ancien camarade des Républicains passé à au Rassemblement National,Thierry Mariani.

Malgré le faible résultat de l’extrême-droite à l’échelle nationale, la pression au front républicain reste ainsi bien vivace dans la gauche institutionnelle. Si le PCF s’est depuis longtemps adapté à l’antipolitique du front républicain et aux combines et manœuvres de la politique bourgeoise – les accords de boutiquiers sont monnaie courante au PCF qui vit depuis longtemps du mandat de ses élus - il convient en ces temps électoraux et à un an des présidentielles de le répéter : on ne combat pas l’extrême-droite en votant pour les faiseurs de misère dont elle se nourrit, et qui n’a rien à lui envier sur de nombreux terrains. Cela ne veut pas dire qu’il n’y aurait rien à craindre d’une arrivée au pouvoir de l’extrême droite, au contraire, mais le « républicanisme raisonnable » ne travaille en réalité qu’aux conditions de sa victoire future.

Plutôt que de nous resservir un nouveau « front républicain », au service de projet de plus en plus réactionnaires, la lutte contre l’extrême-droite exige au contraire de combattre frontalement le projet de le Pen mais aussi l’offensive sécuritaire actuelle dont LR comme la macronie se sont fait les chantres, en se mobilisant pour le retrait de toutes les lois racistes et liberticides. L’extrême-droite est notre ennemie au même titre que les partis qui travaillent aux conditions de sa victoire future. En ce sens, seule une politique indépendante des partis dominants, en faveur des travailleurs, peut constituer un véritable barrage contre l’extrême droite et tous les candidats du patronat.

S’il y a bien un indicateur que le PCF devrait s’atteler à retenir de ces élections, c’est l’abstention record et ce qu’elle exprime du désintérêt, voire de la nausée profonde que provoquent ces compétitions de la bourgeoisie pour gérer ses affaires, de cette course à la position et à la place que la politique politicienne mène depuis si longtemps. Dès lors que le « camp des travailleurs » n’a plus voix au chapitre, c’est à notre tour à une abstention politique et active que nous nous consacrerons, rejetant en bloc l’idée du « moindre mal », combattant les idées xénophobes et libérales, sans offrir la moindre voix ni à LR ni au RN.




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