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"Religion sexuellement transmissible" : une prof de droit compare l’islam à une MST à Aix-Marseille

Médiapart révèle qu’une professeure de l’université Aix-Marseille a comparé en plein cours de droit, l’slam a une « MST », puis à une « RST » : « religion sexuellement transmissible ». Des propos scandaleux qui ont suscité la colère de nombreux étudiants.

mercredi 9 décembre 2020

Crédit photo : Aix-Marseille Université

« Donc, si on naît d’un père musulman, on est musulman à vie. Une sorte de religion sexuellement transmissible [...] Une sorte de MST »

Médiapart révélait récemment que G. L., professeure de droit à l’université Aix-Marseille avait déclaré devant près de 600 étudiants que « l’un des plus grands problèmes qu’on a avec l’islam, et ce n’est pas le seul malheureusement, c’est que l’islam ne reconnaît pas la liberté de conscience. C’est quand même absolument terrifiant ». S’en est suivi un monologue islamophobe parfaitement décomplexé : « On n’a aucune liberté de conscience en islam ! Donc, si on naît d’un père musulman, on est musulman à vie. Une sorte de religion sexuellement transmissible, je n’ai jamais compris. On dirait du judaïsme, c’est pareil, c’est par la mère. Une sorte de MST, de RST, de religion sexuellement transmissible. ». 

La vidéo de son intervention est devenue virale après qu’une étudiante l’ait postée sur Instagram avec le commentaire suivant « Sincèrement, j’en ai entendu des critiques sur l’islam, mais là on arrive à un niveau… On ne peut pas rester les bras croisés à ne rien faire. »

Des propos particulièrement haineux, qui font pourtant échos au déversement de discours islamophobes du gouvernement, de la droite et de l’extrême droite particulièrement en vogue durant cette période. G. L. explique en effet que ce cours «  date du 27 octobre, soit à peine dix jours après l’assassinat de Samuel Paty » : elle y voit là une justification, insistant sur le fait que la colère était de mise pour justifier ses insultes.

Des propos haineux qui ne datent pas d’hier..

Les propos islamophobes ont suscité l’indignation de nombreux étudiants présent en cours et Médiapart a recueilli leurs réactions. Asma* étudiante en première année du master droit des affaires revient sur les propos de la professeure : « Il y a ces propos particulièrement graves et il y a aussi le contexte qui fait qu’en tant que musulmane, ce n’est pas toujours facile. » 

Un contexte d’autant plus difficile qu’il dure depuis des années, au sein même de la fac la professeure a déjà formulé des opinions clairement islamophobes pendant ses cours notamment sur les questions de droits musulmans, une étudiante raconte ses remarques négatives à répétition : « Voilà, c’est encore cette religion. ». Jusqu’au jour où pendant un examen, Lila, ancienne étudiante raconte la réaction de G. L. sur le fait qu’elle porte un voile : « Et là, elle a insisté pour que je montre mes oreilles durant toute l’épreuve, alors que mon voile était trop serré. Je lui dis que c’est impossible. À part si je l’ôtais totalement ou si je tenais le tissu durant tout le temps. Madame Lardeux est revenue et m’a dit quelque chose comme : “Mais vous ne comprenez pas quand je vous parle, vous ne comprenez pas le français, je vous demande de me montrer vos oreilles pendant toute l’épreuve.”  »
Du côté de la direction de l’université, la colère semble avoir été moins vive, ainsi comme l’explique Médiapart le doyen de l’université Jean-Philippe Agresti a déclaré avoir contacté G. L. après les faits : « Je lui fais un rappel à l’ordre très ferme. Je l’informe que tout va remonter à la présidence de l’université. Elle recontextualise, me dit que c’est un dérapage verbal. On s’en tient là.  » Pour le moins minimal quand on voit les propos qu’elle a pu tenir. La présidence a finalement assuré lancer la procédure qui conduit à la saisine de la section disciplinaire.
Ces propos réactionnaires sont loin d’être isolés, il y a quelques semaine encore à l’université de Paris 1 Aram Mardirossian associait l’homosexualité à la zoophilie et tenait des propos transphobes. Plus récemment encore une centaines de professeurs signaient une tribune pour soutenir Jean- Michel Blanquer et dénoncer les idéologies décoloniales qui selon eux feraient le lit du racisme.

Face à G. L. ou Adam Mardirossian la réponse est la même : nous devons défendre une université au service de l’émancipation de toutes et tous, refuser ces discours réactionnaires et les professeurs racistes, islamophobes, ou transphobes qui en font la promotion.




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