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5ème vague

Rennes. Grève au CHU « On veut des moyens pour s’occuper des patients dignement ! »

Depuis mardi, les soignants du CHU de Rennes sont en grève pour dénoncer leurs conditions de travail et alerter face à l’arrivée de la cinquième vague. Il faut plus de moyens dans les hôpitaux !

vendredi 19 novembre

Crédits photo : DAMIEN MEYER / AFP

Depuis ce mardi 16 novembre, les membres du personnel du CHU de Rennes sont en grève illimitée. Ils dénoncent des cadences infernales, l’absence de moyens et un mépris général de la part de la classe politique. Comme le formule Nathalie, délégué syndicale CGT, interviewée par Révolution Permanente : « On veut s’occuper des patients dignement ! Et dignement ça veut dire avec du matériel, des locaux adaptés, et surtout du personnel ».

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase et a déclenché la grève, c’est la hausse du nombre de patients depuis le mois de mai : « On a une augmentation de plus de 20% de l’activité à cause, notamment, des services alentour qui ferment . » explique le docteur Emmanuel Rousseau pour Ouest-France en donnant l’exemple de trois hôpitaux alentour qui ont ne peuvent pas ouvrir leurs urgences de nuit depuis mai 2021, faute de moyens.

Les grévistes agitent 3 revendications : une embauche massive, une amélioration des conditions de travail ainsi qu’une reconnaissance générale de leur travail. « Des collègues sont en burn-out, d’autres pleurent sur leur lieu de travail. On a le sentiment de ne pas faire convenablement notre travail parce qu’on ne nous en donne pas les moyens », dénonce au micro de Ouest France, une infirmière aux urgences en grève. De fait, ces mauvaises conditions de travail ont aussi un impact sur la prise en charge des patients. « Tout à l’heure je suis passé aux urgences, allez-y. Il y a plein de patients dans les couloirs. Des patients qui sont dénudés, qui vomissent. Des patients qui sont examinés dans les couloirs »nous raconte Nathalie. Cette prise en charge indigne combinée à la casse de l’hôpital toujours plus forte pousse les jeunes à se réorienter :« En 2020, 160 personnes sont parties du CHU. C’est énorme, on a jamais connu ça. Si ces gens, surtout des jeunes, sont partis, c’est pas le salaire, c’est les conditions de travail. ». De fait, depuis 2018, 1300 étudiants infirmiers ont démissionné.

Symbole du mépris du gouvernement et de ses politiques scandaleuses, le Ségur de la Santé a particulièrement été pointé du doigt. Nathalie explique ;« On y a cru au Ségur, on s’est dit, ils vont faire quelque chose pour nous. Bon, c’est vrai qu’on a eu 183€ d’augmentation, ce qui n’est pas rien, mais c’est bien en dessous de ce qu’on demande puisque c’était au minimum 300€ […] pas un mot sur l’augmentation des heures de nuit, […] rien sur les techniciens de laboratoire, les sage-femmes, les adjoints administratifs, bref le Ségur ne répond pas aux attentes du personnel ».

Ces mouvements de grève interviennent alors que les chiffres du Covid repartent à la hausse, et que la situation en Europe commence bien à s’apparenter à une cinquième vague. Depuis 18 mois d’épidémie, ces mouvements de grève montrent à quel point le gouvernement continue de donner des miettes à la santé, en demandant toujours plus d’efforts. Notre santé ne doit pas être source d’économie ou de profit, pour permettre aux soignants de continuer à effectuer leur travail avec dignité, et pour contrer la crise du covid, il nous faut exiger des embauches massives, des plans d’investissement dans le secteur de la santé et une reconnaissance et amélioration générale des conditions de travail désastreuses dans le secteur de la santé.




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