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Répression syndicale

Christian Porta, CGT Neuhauser, convoqué par sa direction : 90% de ses collègues en grève en solidarité

Ce mercredi, Christian Porta, délégué syndical de la CGT Neuhauser, était convoqué par la direction du groupe InVivo. Une tentative de museler un syndicat particulièrement combatif. En réponse, une centaine de personnes étaient présentes devant l’usine, et 90% des travailleurs de Neuhauser étaient en grève.

Maïa Maros

22 juin 2023

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Christian Porta, CGT Neuhauser, convoqué par sa direction : 90% de ses collègues en grève en solidarité

Crédits photos : Révolution Permanente

Ce mardi, une centaine de personnes se sont réunies devant l’usine de boulangerie industrielle Neuhauser à Folschviller (Moselle) pour défendre Christian Porta, syndicaliste convoqué à un entretien disciplinaire par la direction de Invivo. A leurs côtés, 90% des travailleurs étaient en grève contre la direction. Ce n’est que lors de son entretien qu’il apprendra les motifs exacts de sa convocation, qui ne sont autres que… trois tweets. « C’est encore pire que ce qu’on pensait, je pensais qu’ils avaient vraiment des éléments contre moi, mais non. Ils ont quand même ramené la DRH du groupe InVivo [qui compte 10 000 salariés en France], par ailleurs c’est surement la première fois qu’elle vient sur le site. » raconte Christian Porta en sortant de l’entretien.

Les tweets reprochés à la CGT Neuhauser.

« Ils veulent nous intimider pour les quatre prochaines années »

A l’heure de la convocation du syndicaliste, 90 % des salariés de l’usine ont débrayé en solidarité, malgré une pression importante du patron, qui a tourné dans l’usine pendant près d’une semaine expliquant qu’une telle grève serait illégale et menaçant les salariés de sanctions s’ils débrayaient pour cette raison. Malgré cela, les salariés ont répondu à l’appel de la CGT, affirmant qu’ils étaient prêt à défendre leur collègue et à se battre pour toutes leurs conditions de travail.

Face à la répression syndicale, de nombreux syndicats locaux ont fait le déplacement : la CGT Total Carling, la CGT Arkema, ainsi que les métallurgistes de l’usine d’Arcelor Mittal de Florange, venus avec l’union locale CGT de Thionville, à une heure de route du rassemblement. Les syndicats Solidaires et Sud Rail étaient aussi présents, aux côtés de plusieurs organisations politiques comme LFI, le NPA et Révolution Permanente.

« Ce qui arrive intervient après cinq mois de lutte contre la réforme des retraites. Le patronat voit que la lutte retombe, et en profite pour réprimer tous les travailleur·ses combatif·ves. Ils veulent nous faire taire, le gouvernement et le patronat ont peur ! Ils veulent nous intimider pour les quatre prochaines années » dénonce Christian Porta.

En effet, si la répression s’est abattue très largement pendant la mobilisation contre la réforme des retraites, notamment sur la jeunesse, elle s’abat aujourd’hui férocement sur le mouvement ouvrier, comme c’est le cas des énergéticiens réprimés à Bordeaux, mais aussi des grévistes de Verbaudet.

Face à la répression politique qui s’étend, une solidarité qui doit se consolider pour les années à venir

Au micro, Christian Porta ajoute : « Pendant qu’ils se gavent, ils nous proposent une augmentation dérisoire et viennent nous dire que les travailleurs au SMIC n’auront pas d’augmentation parce qu’ils ont « déjà eu leur augmentation cette année ». Mais si ces personnes sont là, c’est parce que nous, tous les jours, on travaille. C’est la valeur de ce qu’on produit qui paye leur salaire, et si ces usines tournent, c’est grâce à nous et au boulot qu’on fait tous les jours ! Les syndicalistes et l’ensemble des travailleurs, on va préparer des rencontres pour discuter de comment arrêter le groupe pour avoir des augmentations à hauteur de ce qu’on mérite, c’est-à-dire à minimum à hauteur de l’inflation ! »

Dans les prises de paroles, de nombreux militants locaux affirment leur soutien, dont Loïc, de Solidaires : « On sera de toutes les luttes contre la répression syndicale. On ne va pas lâcher va à la plus petite des intimidations. On sait comment ça marche : les coups de pression ça peut fonctionner quand ça se joue dans des coins portes, ça peut déstabiliser des collectifs essentiels pour les luttes de terrain ». Même soutien de la part de Roger Casanova, ancien secrétaire CCE de la plateforme Total Carling : « Le ruissellement que Macron nous avait promis, ce n’est pas le ruissellement de l’argent, c’est le ruissellement de la répression. L’attaque que la direction formule envers Christian, c’est la lutte de classes : quand on parle de lutte des classes, on nous dit que vous êtes dépassés, mais eux pratiquent tous les jours la lutte des classes ».

Julie, militante à Révolution Permanente et au Poing Levé, conclue : « Aujourd’hui, cette solidarité doit se construire et se consolider. C’est pour ça qu’à Metz, on a été à l’origine de l’interpro, et c’est central que pour les quatre ans à venir, on puisse continuer à faire marcher cette solidarité qui se construit à la base. »


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