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Roissy. Face aux 30.000 suppressions d’emplois, une manifestation unitaire et combative !

Un millier de manifestants étaient présents ce jeudi 18 mars à Roissy-Charles-De-Gaulle pour s’opposer au 30 000 suppressions d’emploi dans cet aéroport. Travailleurs d'Air France, d'ADP, de la sous-traitance et soutiens se sont retrouvés pour le début d'un bras de fer contre ce massacre social.

vendredi 19 mars

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. À Roissy Charles de Gaulle, ce sont 30 000 emplois qui sont menacés sur 94 000. Que ce soit chez Air France et ses sous-traitants ou chez ADP, ce véritable massacre social est massivement contesté par les travailleurs.

Ce 18 mars, ce sont 24 organisations syndicales et politiques, dont Sud Aérien, Hilton CDG, FO Air France ou encore CGT Air France qui appelaient donc à une manifestation à l’aéroport. Une deuxième marche unitaire face à "ce licenciement en masse" comme le qualifie Samir, délégué CGT du groupe sous-traitant WFS. Rappelant que le donneur d’ordre Air France a touché 7 milliards d’euros de la part de l’Etat soit-disant pour maintenir les emplois, il dénonce non seulement l’attitude de cette entreprise mais aussi celle des 800 sociétés de sous-traitance qui ont bénéficié du chômage partiel mais souhaite désormais supprimer des emplois, alors que "la sous-traitance, c’est le noyau de l’aéroport".

Nicolas Huard, salarié bagagiste chez CBS filiale du Groupe WFS annonce la couleur : « au niveau bagagiste, ça va faire très mal »,qui vient de demander sa liquidation judiciaire ce qui lui permet d’effacer d’un coup de baguette ses dettes et de se débarrasser du personnel sans dépenser un centime. Le groupe WFS se propose de reprendre la CBS avec le maintien de seulement 180 salariés, un scandale ! 

De fait, du côté de la sous-traitance les conditions de travail sont particulièrement terribles. "On est malmené tous les cinq ans suite à des appels d’offre. Maintenant ils profitent du contexte pour pouvoir licencier" explique Imad.

Travailleurs du donneur d’ordre et de la sous-traitance, c’est main dans la main qu’ils ont donc défilé à Roissy pour faire entendre leur voix, indiquant vouloir mettre un terme à un "PSE catastrophique selon l’expertise : celle-ci confirme qu’il n’y a aucune raison de licencier !" poursuit Imad. 

De son côté, Tayeb de Sud aérien explique que ce combat représente un bras de fer pour l’avenir de dizaines de milliers de personnes : "Nous on veut maintenir l’emploi, qui représente plusieurs familles menacées. L’aéroport il nourrit pas 30 000 salariés, mais 30 000 familles. Ils licencient des salariés de 55, 56 ans qui ont donné leur vie et leur santé à l’aéroport c’est inacceptable"

L’objectif est clair : "mobiliser tous les salariés d’Air France pour montrer à ce gouvernement qu’on refuse de ce modèle là, où ce sont les salariés qui paient la mauvaise gestion de la crise". À leurs côtés pour le prouver, de nombreux soutiens étaient présents. Les travailleurs de l’infrapole, en grève depuis 60 jours, exprime leur solidarité et la nécessité d’un "mouvement unitaire, où on est tous ensemble". Adrien Cornet, délégué CGT de la raffinerie Grandpuits ayant mené une grève exemplaire contre 700 suppressions d’emplois sur le site de Total, abonde dans ce sens là : "il faut que les patrons comprennent que quand les travailleurs vont se lever et faire grève, il y aura plus aucun avion qui va décoller". Aussi, un représentant de la CGT Orly est venu soutenir les travailleurs de Roissy et tisser des liens qui vont être très importants dans la période ouverte. En effet, à l’Aéroport de Orly aussi, des suppressions d’emplois commencent à tomber.

Nathalie Arthaud (LO) et Alexis Corbière (LFI), ce sont aussi des militants politiques et élus qui sont présents pour donner de la force aux travailleurs de Roissy. Ce dernier souligne cette nécessaire unité dans le combat contre la crise économique alors qu’il "y a une logique d’ensemble dans les entreprises en ce moment pour licencier, y compris dans les entreprises qui réalisent du profit"

Cette manifestation est donc un premier pas dans la construction d’un rapport de force capable de faire plier les entreprises et empêcher les suppressions d’emplois. Mais pour ce faire, les travailleurs on besoin d’un véritable plan de bataille de la part des directions syndicales, capable d’unir les salariés de ADP, Air France et de toute la galaxie de sous-traitants aujourd’hui menacés, avec pour objectif zéro suppressions d’emplois. Au-delà des journées de manifestations isolées, il s’agit désormais de développer des cadres d’auto-organisations les plus larges possibles, rassemblant syndiqués et non syndiqués, pour inclure dans le combat et la direction de celui-ci les contingents massifs de travailleurs aujourd’hui menacés.

L’ensemble de la gauche syndicale et politique doivent mettre leurs moyens politiques, médiatiques, matériels et financiers au service de la construction d’une lutte dont dépendra l’avenir de dizaines de milliers de familles. L’aéroport Roissy Charles de Gaule représente rien de moins qu’une des principales concentrations ouvrières de l’Ile-de France. Pour préparer l’ensemble des autres combats contre les suppressions d’emploi, la lutte des salariés de l’aéroport doit pouvoir aller jusqu’au bout.




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