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Grève massive

Royaume Uni. 400 000 travailleurs des services publics en grève pour les salaires

Alors que le Royaume-Uni connaît une forte crise inflationniste, 400 000 travailleurs essentiellement des services publics, étaient en grève ce mercredi pour exiger des augmentations de salaire à hauteur d’au moins 10 %.

Yann Tocaben

17 mars 2023

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Cela fait près d’un an que les travailleurs du Royaume-Uni multiplient les grèves face à une inflation de plus de 10 % et des salaires qui ne suivent pas. De nombreux secteurs ont ainsi mené des luttes en ordre dispersé tout au long des derniers mois. Dans les transports, les télécoms, chez les postiers, dans la santé ou encore l’éducation, de fortes grèves ont ponctué la vie politique du Royaume-Uni. L’ensemble de ces grèves partageaient les mêmes revendications d’une hausse des salaires.

Ce mercredi 15 mars, le gouvernement britannique présentait son budget devant l’assemblée. À cette occasion 400 000 travailleurs des services publics se sont mis en grève dans tout le pays. Ainsi, ce sont 200 000 travailleurs du Syndicat national de l’éducation (NEU), 100 000 fonctionnaires syndiqués au PCS, des dizaines de milliers de travailleurs universitaires et de médecins en formation, mais aussi des travailleurs du métro londonien qui se sont mobilisés pour les salaires et les conditions de travail.

Les grévistes s’opposaient à un budget minable qui proposait seulement 2 % d’augmentation de salaire des fonctionnaires et quelques miettes sous forme de blocages des taxes et des prix de l’énergie pour trois mois. Des mesures très éloignées des revendications des travailleurs britanniques qui subissent la flambée des prix de l’énergie et de l’alimentaire.

En effet, la pauvreté grandissante des travailleurs des services publics est catastrophique avec « des dizaines de milliers de fonctionnaires (qui) sont contraints d’aller dans les banques alimentaires alors que d’autres doivent sauter des repas », comme l’affirmait Mark Serwotka, le secrétaire du PCS (syndicat des services publics) sur Sky News

À Londres, ils étaient près de 50 000 personnes à défiler dans les rues de la capitale. Le slogan « Qu’est-ce qu’on veut ? 10 % ! Quand est-ce qu’on le veut ? Maintenant !  » résonnait dans la manifestation montrant toute la détermination des travailleurs mobilisés. D’autres manifestations étaient organisées dans le pays en parallèle de piquets de grève comme celui d’Amazon à Coventry. Le lendemain, les enseignants et les universitaires ont poursuivi leur mobilisation, accompagnée par des débrayages de travailleurs du ferroviaire.

Ainsi, cette nouvelle mobilisation massive témoigne de la combativité des travailleurs du Royaume-Uni. Après de nombreux mois de luttes pour les salaires en ordre dispersé, la perspective de grève nationale unitaire est la voie pour imposer de réelles avancées sur les salaires. Seulement, ce n’était que la deuxième journée de grève nationale appelée par les directions syndicales depuis près d’un an, après une journée de mobilisation massive le premier février marquée par la lutte contre les lois anti-syndicales du gouvernement de Rishi Sunak.

Un signe parmi d’autres que les directions syndicales ne cherchent pas à construire une mobilisation unitaire avec des revendications offensives et politiques, comme la hausse générale des salaires et l’indexation sur l’inflation. Elles se limitent en effet à négocier des accords au rabais par branche de métiers comme c’est le cas dans la santé où la grande majorité des grèves ont été suspendues avec la perspective d’un accord sur 5 % d’augmentation, bien loin des 20 % revendiqué par les grévistes.

Cette mobilisation massive des travailleurs du Royaume Uni malgré les stratégies de la défaite des directions syndicales témoigne d’une colère profonde sur la question des salaires. Dans un contexte de forte inflation, cette question dépasse les frontières, et se pose également en France, où les revendications sur les salaires sont à la bouche de tous les grévistes mobilisés contre la réforme des retraites. Alors que le patronat se gave sur cette crise inflationniste dans tous les pays, c’est à l’échelle internationale qu’il faut l’affronter.


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