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Royaume-Uni. 500 travailleurs lancent une grève pour les salaires face au géant pharmaceutique GSK

Face à l’inflation, 500 travailleurs du groupe pharmaceutique GSK votent en faveur de la grève pour une réel hausse des salaires. Dans une entreprise où les bénéfices se comptent à plusieurs milliards sur l’année 2021, les employés se sont vu promettre une maigre hausse de 2,75% pour le « personnel qualifié ». Une hausse largement insuffisante qui montre une fois encore la grande « avidité » des entreprises pharmaceutiques.

jeudi 21 avril

Crédit photo : Reuters

Alors que l’inflation continue d’appauvrir les travailleurs à travers le monde, 500 salariés du groupe pharmaceutique GlaxoSmithKline (GSK – Britannique) ont voté en faveur d’une grève suite à une augmentation de salaire qu’ils ont jugée dérisoire. Tandis qu’en février le Royaume-Uni enregistrait une inflation à 7% (qui va dépasser les 8% à court terme) le groupe ayant réalisé des milliards de bénéfice accordait à ses employés une augmentation salariale de 2,75%. Insuffisant selon les salariés.

Et pour cause, la multinationale, classé parmi les 10 plus gros groupes pharmaceutiques du monde a réalisé 4,4 milliards de livres de bénéfices sur l’année 2021. Ces recettes dépassant alors 34 milliards de livres. Contrairement aux travailleurs dont les salaires sont piétinés et le train de vie particulièrement couteux, la directrice du groupe, Emma Walsmley, a gagné 8 millions de livres en 2021. Pour un travailleur britannique de plus de 23 ans travaillant 40h par semaine, le salaire minimum correspond à environ 18 500 livres par an. Il faudrait 432 ans à un salarié de l’usine pour toucher ce que ça directrice a touché en un an.

De plus, l’entreprise entendait choisir les employés à qui faire profiter de cette faible augmentation. Dans un communiqué cité par Le Figaro l’entreprise est « décidé à soutenir les personnels qualifiés qui travaillent dans ses usines ». Pour un salarié non qualifié, aucune revalorisation en vue donc. La réponse des salariés est claire pour Sharon Graham, directrice du syndicat Unite (plus important syndicat anglais avec près de 1,5 millions d’adhérents) : «  Leur colère est une réponse claire à l’immense avidité de l’entreprise  ».

Dans un pays où le coût de la vie ne cesse d’augmenter et où les travailleurs ne réussissent plus à payer les factures les plus essentielles, le regain des grèves est de plus en plus présent. On a pu voir une grève similaire en France en novembre-décembre 2021 dans les usines Sanofi. L’industrie pharmaceutique, qui s’enrichit sur les maladies, à augmenter de manière drastique ses profits pendant la crise sanitaire. Les travailleurs de ses usines s’appauvrissent pendant que les profits augmentent.

Les grèves pour le pouvoir d’achat, au Royaume-Uni comme en France montrent que cette colère des travailleurs de la branche du pharmaceutique dépasse les frontières nationales, d’autant plus quand ces derniers portent des revendications strictement similaires. Les revendications salariales pouvant se transformer à l’échelle nationale comme internationale en expropriation par les travailleurs de leur usine afin de se rémunérer décemment et de pouvoir organiser autrement une industrie qui fait des bénéfices sur nos vies.



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