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Safran. 1 400 grévistes mobilisés pour les salaires « On vient travailler en perdant de l’argent »

Jeudi 1er février, plus d’un millier de travailleurs de Safran ont fait grève pour leurs salaires. Une mobilisation fortement suivie qui menace de se prolonger alors que la direction enregistre des bénéfices records et reste sourde à la colère des salariés, en proposant seulement 1,25 % d'augmentation.

Noah Rapa

6 février

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Safran. 1 400 grévistes mobilisés pour les salaires « On vient travailler en perdant de l'argent »

Crédits photo : CGT Safran Aicraft Engines

Les travailleurs de Safran Aicraft Engines en région parisienne, entreprise pécialisée dans la production de pièces pour l’aéronautique, ont entamé une grève jeudi 1 février. A l’appel d’une intersyndicale CGT, CFDT, CFE CGC, FO, quatre sites de Safran ont été mobilisés, à Évry – Corbeil, Villaroche, Gennevilliers et Saint-Quentin-en-Yvelines. Ce sont au total près de 1 400 travailleurs qui se sont mis en grève : « C’est une accumulation de beaucoup de colères. Cela fait 10 ans que la direction ne partage aucune richesse » affirme Christophe, militant CGT sur le site de Villaroche.

Les grévistes réclament de réelles avancées salariales : 5,86 % d’augmentation générale des salaires, 2 % d’augmentation individuelle, une allocation transport élargie à 45 euros, une prime d’ancienneté améliorer, une nouvelle prime équipe portée à 2,5 euros/heure et un plancher pour le 13ème mois fixé à 3 500 euros. « Ils nous donnent des primes d’intéressement ou de performance, mais ce sont des miettes. Des réelles augmentations de salaire, ça nous permet de mieux vivre, et en plus cela, finance notre système de sécurité sociale. C’est important de venir en aide aux plus démunis » explique Christophe.

Une colère accentuée par la crise du covid, pendant laquelle le groupe de Safran n’a pas vu ses marges de bénéfices baisser, « bien au contraire, avec le chômage technique, largement financé par l’Etat, on a été payé à hauteur de 80% de notre salaire. Ils ont fait 800 millions de bénéfices, alors que la boîte était quasiment à l’arrêt. Cet écart de salaire, on le paye encore aujourd’hui » » dénonce le syndicaliste avant d’ajouter que « 2022 était une année record pour le groupe, ils ont enregistré près de 2 milliards d’euros de bénéfices. En ce moment s’ouvrent les NAO (négociations annuelles obligatoires), et l’entreprise n’a proposé que 1,25 % d’augmentation de salaire, soit 37 euros brut. C’est d’un mépris incroyable pour notre travail ».

Face à un mouvement de grève fortement suivi, la direction a décidé de faire la sourde oreille et d’ignorer les revendications des grévistes. « Ils nous ont dit que c’était à cause des blocages des agriculteurs. Ce sont des excuses bidon, ils ont l’habitude de télétravailler, ils avaient tous les moyens pour ouvrir des discussions avec nous » explique Christophe. Dans ce cadre, les salariés maintiennent une mobilisation avec des débrayages d’une heure chaque jour et la perspective d’un nouveau temps fort le 14 février avec un rassemblement devant le siège social de Safran, à Paris. Dans d’autres villes comme à Bordeaux et Toulouse, les syndicats appellent les travailleurs à se mettre en grève et prévoient des rassemblements.

Alors que l’inflation sur l’année 2023 s’est maintenue à un niveau de près de 5 % les grévistes ont raison de se battre pour leurs salaires. Si les salaires ne suivent pas, l’inflation dévore toujours plus le budget des ménages, comme en témoigne la réaction d’un des collègues de Christophe, qui au lendemain de l’annonce de 1,25 % d’augmentation de salaire, « voyait son loyer augmenter de 3,5 % ». Une situation qui fait écho à celle vécu par l’ensemble des travailleurs et qui pose l’urgence d’obtenir des revendications à échelle nationale telle que l’indexation de tous les salaires sur l’inflation et l’augmentation de 400 euros pour tous et toutes.


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