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Guerre en Ukraine

Saut dans l’armement : l’Allemagne annonce la livraison de chars à l’Ukraine

« L'Allemagne enverra des chars antiaériens 'Gepard' à l'Ukraine », a déclaré la ministre de la Défense Christine Lambrecht à l'ouverture d'une réunion avec ses homologues occidentaux sur la base américaine de Ramstein, dans l'ouest de l'Allemagne.

mardi 26 avril

Crédit photo : AFP

Les États-Unis ont réuni ce mardi les ministres de la défense de plus de 40 alliés sur la base américaine de Ramstein, en Allemagne, pour aligner les livraisons d’armes à l’Ukraine. Ont participé à la réunion non seulement les membres de l’OTAN, l’Ukraine et les candidats à l’adhésion (Suède et Finlande), mais aussi des pays non européens, dont le Japon, l’Australie, la Corée du Sud, Israël, le Qatar et le Kenya. Un signe supplémentaire de la façon dont les États-Unis cherchent à rassembler des forces au-delà même de l’« Occident » dans leur lutte contre la Russie, qui a pour objectif stratégique d’affaiblir l’axe de Moscou avec Pékin, avec la Chine dans son viseur comme nous l’avons expliqué récemment.

Alors que la deuxième phase de la guerre se déroule, les Etats-Unis ont fortement incité leurs alliés à envoyer des armes plus nombreuses et de meilleure qualité. « Nous n’avons pas de temps à perdre », a déclaré le secrétaire américain à la défense, Lloyd Austin, car « les prochaines semaines seront cruciales pour l’Ukraine », la Russie cherchant à prendre le contrôle total du sud de l’Ukraine et de la région du Donbass. Il est probable que le véritable objectif derrière ces mots est d’empêcher Poutine de priver les Ukrainiens de l’accès à la mer Noire, bien que, comme on peut le voir depuis le début de la guerre, la tactique américaine s’adapte à la situation sur le terrain. D’où un ton plus triomphaliste et offensif face aux difficultés de l’invasion russe. Selon Austin : « L’Ukraine croit clairement qu’elle peut gagner, comme tout le monde ici. Nous continuerons à remuer ciel et terre pour les satisfaire ». A cette fin, il a offert quelques 400 millions de dollars pour remplacer les armes que les différents pays envoient à Kiev.

La pression exercée par les États-Unis et leurs alliés les plus favorables à la guerre est telle que même l’Allemagne a dû s’adapter. Avant le début de la réunion, dans un nouveau rebondissement, le gouvernement allemand a ainsi annoncé la livraison de systèmes antiaériens blindés, une quarantaine de Gepard qui seront remis en état par l’industrie de l’armement allemande, ainsi que la future formation de soldats ukrainiens en Allemagne. Jusqu’alors, le chancelier Olaf Scholz était opposé à la fourniture directe de véhicules blindés ou de pièces d’artillerie en plus des lance-roquettes et des missiles anti-aériens déjà fournis. Le chancelier justifiait son refus par la volonté de protéger ses compatriotes d’une attaque atomique russe.

Cependant, le fait que des puissances nucléaires (États-Unis, Grande-Bretagne) livrent des armes à des partenaires militairement plus petits (République tchèque, Pologne et Pays-Bas) sans nourrir de telles craintes a mis Scholz en porte-à-faux. Mis sous pression par une résolution des conservateurs de la CDU/CSU en faveur de la fourniture d’armes lourdes qui devait être déposée au Bundestag jeudi, Olaf Scholz a finalement cédé. Avec les Verts et les Libéraux qui ont fait pression pour répondre aux demandes de Kiev, le chef du gouvernement aurait en effet été confronté à un vote de confiance virtuel.

Comme nous l’avons écrit, malgré les hésitations, les fortes contradictions et les coûts énormes, le gouvernement allemand a décidé de suivre la voie de la guerre dans le cadre du schéma mondial conçu par les États-Unis. Une tendance militariste qui ne peut que s’accentuer alors que le chef du Pentagone a annoncé que la réunion de ce mardi n’était que la première d’une longue série. Celui-ci a également annoncé que Washington et ses alliés se rencontreraient dorénavant tous les mois avec un objectif clair : organiser l’action des « nations de bonne volonté pour intensifier [les efforts], coordonner [l’assistance] et se concentrer sur la victoire dans la lutte actuelle et à venir ».



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