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Répression

Scandale ! 140h de TIG requis contre un syndicaliste CGT pour avoir interpelé Darmanin à Rouen

Valentin, âgé de 25 ans et syndicaliste à la CGT, est jugé pour « outrage » ce lundi 23 novembre, après avoir traité de « sale violeur » le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, lors d’un hommage au père Hammel assassiné en 2016 par des Djihadistes. Pour l'heure le parquet réclame 140 heures d’intérêt général.

mercredi 25 novembre 2020

Le dimanche 26 juillet, onze personnes se sont incrustées à l’hommage rendu au père Hammel, pour interpeller Darmanin, malgré la mise en place d’un énorme dispositif policier pour empêcher toute intrusion de militants et un arrêté d’interdiction de manifester dans le périmètre de la cérémonie. Ces personnes ont été placées 24 heures en garde à vue pour avoir crié « sale violeur », « Darmanin démission » et interrompu l’intervention du ministre. Elles sont désormais poursuivies pour outrage.

Au cours d’un rassemblement appelé devant l’hôtel de police pour exiger la libération immédiate des personnes en garde à vue, la répression s’est poursuivie, et environ quinze manifestants ont été verbalisés, avec des amendes de 68 euros pour « émission de bruit portant atteinte à la tranquillité du voisinage ou à la santé de l’homme ».

Valentin, ajusteur dans le secteur de l’automobile et syndiqué CGT, était jugé ce lundi et est poursuivi pour « outrage de nature à porter atteinte à la dignité au respect dû à la fonction » du ministre « dans l’exercice de ses fonctions ». Selon le journal Paris Normandie, la procureure « a requis une peine de 140 heures d’intérêt général » tandis que « le jugement sera rendu le 14 décembre ».

Valentin se défend pourtant d’appartenir au groupe à l’initiative de l’action et affirme qu’il était sur place, avec sa copine, seulement pour rendre hommage. Il explique qu’ « il était énervé par certains propos », et fait notamment référence à un religieux qui a profité de l’occasion pour s’opposer à la PMA et déclare : « Quand j’ai vu les autres c’est sorti tout seul. Nommer ministre quelqu’un accusé d’avoir échangé des services contre des faveurs sexuelles, ça me choque  ».
Valentin risque une peine d’un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende, alors que selon l’avocate « ce n’est pas une insulte quelconque, c’est l’expression d’une opinion. Tout le monde comprend qu’il dénonce que soit nommé ministre un homme mis en cause pour viol ».

Une centaine de personnes se sont rassemblées ce lundi, à la suite d’un appel de la CGT, devant le palais de justice de Rouen pour soutenir Valentin, exiger sa relaxe totale et défendre la liberté d’expression.

Dans une tribune intitulée« A Rouen, comme ailleurs, exigeons la liberté d’expression et de manifester » plusieurs organisations syndicales et de nombreuses personnalités revendiquent le droit à la liberté d’expression : "Si la présomption d’innocence doit être respectée, celle-ci ne peut avoir pour objet ou pour effet de limiter la liberté d’expression. Dans un contexte d’atteintes à la liberté de manifester, de tensions liées à un énorme dispositif policier, de volonté du pouvoir de faire taire toute voix discordante, nous aurions pu, nous aussi, scander ces mêmes slogans, que les autorités considèrent comme outrageants."

Cette attaque contre Valentin s’inscrit dans contexte de grande offensive autoritaire de l’exécutif visant à museler le droit à manifester de ceux qui oseraient contester le gouvernement. Un événement révélateur du deux poids deux mesures de ce gouvernement qui se présente en champion de la défense de la « liberté d’expression » mais n’hésite pas en parallèle à attaquer le droit de manifester.




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