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Politique

Scandale de la sixième dose : Pfizer baisse ses livraisons pour maximiser ses profits !

En pleine pénurie de vaccin, c’est un nouveau scandale qui monte pour Pfizer-BioNTech. En s’appuyant sur l’autorisation donnée par l’Agence Européenne des Médicaments à utiliser 6 doses au lieu de 5 par flacon, le géant pharmaceutique en a profité… pour revoir ses calculs et ses livraisons à la baisse. Nos vies avant leurs profits.

lundi 25 janvier

Crédits photo : GEORGES GOBET / AFP

Depuis une semaine, les difficultés de production s’accumulent pour le géant pharmaceutique Pfizer Biontech. En effet, le géant germano-américain Pfizer dit peiner à faire monter en régime ses lignes de productions en raison des travaux liés à l’agrandissement de l’usine de leur site de Puurs, en Belgique. Des problèmes tels que l’entreprise pharmaceutique a annoncé à la baisse des livraisons à destination de l’Union européenn, le laboratoire ayant annoncé la semaine dernière qu’il ne pourrait pas livrer les doses commandées par l’Europe avant février.

En effet, lundi dernier, Agnès Pannier-Runacher annonçait que la France recevrait 140 000 doses de moins que prévu cette semaine et seulement 585.664 personnes étaient vaccinées le 20 janvier selon le baromètre en temps réel du Ministère de la santé alors que le gouvernement annonçait l’arrivée de 1,6 million de doses. Le trust semble donc avoir surestimé sa capacité de production accélérant la pénurie actuellement existante. Un premier scandale donc.

Au motif qu’il est possible d’extraire 6 doses au lieu de 5, Pfizer baisse ses livraisons !

Mais le scandale ne s’arrête pas là. Il y a quelques semaines, des soignants ont découvert qu’il est possible d’extraire une sixième dose du vaccin dans chacun des flacons distribués. Pour l’expliquer, Jérôme Marty, président du Syndicat de l’Union française pour une médecine libre (UMFL), déclare auprès de LCI.fr que « c’est une dose sur-numéraire, un bonus ». De fait, le laboratoire met plus de liquide que nécessaire dans chaque flacon pour pallier les pertes telles que les gouttes restantes sur la paroi du flacon ou dans le volume mort de la seringue.

C’est une bonne nouvelle pour la campagne de vaccination puisque cela permet d’augmenter le nombre de doses et donc le nombre de vaccinés de 20% sans toucher à la commande initiale et sans avoir besoin de produire plus. Ainsi, depuis le 12 janvier, l’Agence Européenne des médicaments a annoncé l’autorisation de l’utilisation de cette sixième dose cachée. Laurent Fignon, médecin en soins palliatifs, affirme par ailleurs : « Si on vaccine six personnes avec un seul flacon Pfizer, il n’y aura pas une personne moins bien vaccinée que les autres. La sixième dose est une dose totale, complète et aussi efficace que les autres. »

Pfizer répond en livrant 17 000 flacons de moins : le capitalisme fera toujours passer le profit avant nos vies

Profitant de l’autorisation donnée par l’Agence Européenne des Médicaments, le laboratoire Pfizer a rétorqué ce vendredi en annonçant livrer 17 000 doses en moins sans toucher au contrat, s’appuyant sur le fait que les pays auraient commandé un nombre de doses précis et non pas un nombre de flacons.

Pour comprendre une telle différence de doses, le journal 20 minutes explique le calcul : « Supposons que la France ait passé une commande de 120 doses de vaccin. Avant cette officialisation, elle aurait reçu 24 flacons (24 x 5 doses = 120, le compte est bon). Mais maintenant que Pfizer a officialisé la sixième dose, elle n’en recevra plus que 20 (20 x 6 = 120, vous suivez toujours). Les commandes de doses se chiffrent en réalité en millions et non pas en centaines, ce qui fait une sacrée différence de production. »

L’entreprise Pfizer connaît des difficultés de production et ne semble pas pouvoir répondre à toutes les commandes effectuées et elle se cache aussi derrière cette « probable » sixième dose pour masquer ses retards de livraison.

Les soignants sont inquiets cependant et dénoncent la réaction de Pfizer car cette sixième dose n’est pas toujours récupérable. En effet, pour l’obtenir, il est nécessaire, d’une part, de très bien maîtriser la manipulation, d’autre part, de posséder le matériel adéquat, soit une seringue avec un très faible volume mort et une aiguille sertie, ce que les soignants n’ont pas toujours à disposition. En faisant de l’exception la règle, Pfizer pose un obstacle de plus au bon déroulement de la campagne de vaccination qui est notre seule porte de sortie de cette pandémie.

Le fait que cette entreprise ait le pouvoir de contrôler notre capacité à sortir de la crise sanitaire seulement pour enrichir encore plus ceux qui la dirigent, montre une nouvelle fois à quel point le système capitaliste laisse passer les profits avant nos vies. Nous devons lutter contre le gouvernement et le patronat qui voient notre santé comme un marché de plus en revendiquant la gestion de la sortie de la crise par les soignants. Les travailleur.es qui sont sur le terrain sont les mieux placé.es pour mettre en place des mesures qui répondront au mieux au besoin de la résolution de la crise. C’est justement ce que revendiquent les salariés de Sanofi en grève : « dès maintenant on pourrait produire des dizaines de millions de vaccins ». Il s’agirait d’exiger la réquisition sous contrôle des travailleurs des trusts pharmaceutiques pour les mettre au service de la résolution de la crise et en finir avec la pénurie de vaccins.




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