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Monde

Tilenga. Le projet de Total qui va piller l’Ouganda

Un rapport publié par Oxfam révèle le mégaprojet Tilenga de Total en Ouganda qui va bientôt se concrétiser, et qui détruirait la région du lac Albert sans même payer les taxes correspondantes grâce à l’évasion fiscale garantie par un accord signé avec les Pays-Bas. Un grossier exemple de l’extrême cruauté de l’impérialisme.

samedi 3 octobre

Le 1er octobre, l’ONG Oxfam a publié le rapport de la recherche concernant le mégaprojet de TOTAL en partenariat avec la China National Offshore Oil Company (CNOOC), qui permettrait l’exploitation de 1,4 milliard de barils de pétrole depuis les rives du lac Albert, une source du Nil.

Un projet qui détruit l’eau, la terre et les récoltes

Ce mégaprojet de TOTAL, en développement depuis la découverte de la source de pétrole en 2006, serait installé au cœur d’un parc naturel en Ouganda, et impliquerait la construction d’un oléoduc presque interminable qui traverserait 1445 km en Ouganda et en Tanzanie, présentant une réelle menace directe pour les écosystèmes, les populations et pour le lac Albert, un des affluents du Nil. Il suffit d’imaginer 1445 kilomètres d’oléoduc chauffé tout du long à l’électricité pour permettre au pétrole, trop visqueux, de s’écouler.

Mais cela n’aurait pas seulement un impact sur l’écosystème, mais toucherait aussi des dizaines de milliers de personnes qui vivent de l’agriculture et de la pêche et qui sont expulsées de leur territoire, perdant ainsi leurs terres et leurs récoltes. Pour évacuer les familles, les menaces et le harcèlement sont constants, et l’indemnisation qu’elles reçoivent pour avoir quitté leur terre est plus que maigre, insuffisante pour acheter une terre ailleurs. En réponse à cela, des militants écologistes ont manifesté le 15 septembre et ont été réprimés et arrêtés conjointement avec des journalistes qui couvraient la manifestation
 

 

Un pillage impérialiste brutal

TOTAL et CNOOC ont structuré leurs investissements en Ouganda par l’intermédiaire de filiales néerlandaises, les Pays-Bas étant le premier investisseur dans ce pays africain. Dans le rapport intitulé « L’argent du pétrole », l’ONG Oxfam révèle comment une convention fiscale signée entre ces deux pays permet à de grandes entreprises comme TOTAL de payer des impôts de plus en plus bas. Le principal avantage réside dans le fait que les dividendes provenant des bénéfices réalisés en Ouganda pour une société néerlandaise possédant plus de la moitié des actions ne sont pas soumis à impôt.

Cela privera l’Ouganda d’une grande partie de ses futurs revenus pétroliers, car le rapport estime qu’il pourrait perdre jusqu’à 287 millions de dollars au cours des 25 années de fonctionnement du projet, pour un seul des quatre blocs ou zones d’explorations.

Cette terrible évasion fiscale est tout simplement criminelle, surtout dans un contexte de pandémie où le secteur de la santé en Ouganda est terriblement sous-financé. Selon le rapport, dans le pays, « le ratio de la dette publique au PIB avait déjà augmenté de 38 % pour l’exercice fiscal 2016/2017 à 45,7 % (selon les prévisions) pour l’exercice 2018/2019, et pourrait atteindre plus de 50 % d’ici l’exercice 2021/2022 en raison des importantes dépenses budgétaires de l’Ouganda. La Banque mondiale a également exprimé son inquiétude quant à l’augmentation du déficit budgétaire du pays, qui pourrait se situer entre 7 et 8,9 % du produit intérieur brut (PIB) pour l’exercice 2020/2021 ».
 

L’hypocrisie de TOTAL

Mais s’il y a une chose qui caractérise le grand patronat, c’est le double discours, et TOTAL ne fait pas exception. En même temps que le géant français met en œuvre un projet qui détruirait un parc national en Ouganda et la vie de milliers de personnes, il détruit en France des emplois au nom de l’écologie. En effet, la société a annoncé la semaine dernière sa volonté de fermer les unités du raffinage de Grandpuits, réaffirmant son projet de mettre fin à toute activité de raffinage dans l’hexagone.

Face à une telle attaque, la CGT Grandpuits a publié un communiqué dénonçant cette hypocrisie de TOTAL : « nous sommes convaincus de la nécessité de sortir d’un modèle économique structuré autour des énergies fossiles. En revanche, nous savons que, laissée aux grandes multinationales avides de profits, une telle perspective ne pourra jamais advenir, sauf sous la forme de mensonges visant à justifier des attaques contre les travailleurs ».

Pour toutes ces raisons, il est essentiel que nous nous rendions tous devant la tour Total sur le parvis de la Défense, ce mardi 6 octobre à 9 h, pour éviter la suppression d’emplois à Grandpuits et en même temps dénoncer ces projets de Total qui pillent les sous-sols en Afrique et ravage les éco-systèmes et la vie des populations, dévastant leurs ressources et les laissant sans terre ni récoltes ! La bataille de Grandpuits doit être la bataille de tous et toutes !




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