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Total cède ses parts à Petrobas pour l’exploitation de Foz do Amazonas : greenwashing et désastre en vue

C'est par le biais d'un communiqué de presse publié ce lundi 28 septembre que Total a annoncé son retrait du projet d'exploitation du bassin de Foz do Amazonas au Brésil. Mais ce départ, présenté comme une « victoire pour les ONG » dans la presse dominantes, se base sur « un accord avec Petrobras ». Autrement dit, l'exploitation prévue aura bien lieu.

mardi 29 septembre

Laconique, le communiqué de presse de Total, publié ce 28 septembre, précise donc que la multinationale a « conclu un accord avec Petrobras le 25 septembre 2020 pour lui transférer sa participation de cinq blocs d’exploration situés dans le bassin de Foz do Amazonas, à 120 kilomètres au large du Brésil. Ces blocs sont référencés FZA-M-57, FZA-M-86, FZA-M-88, FZA-M-125 et FZA-M-127. » tout en précisant qu’ « en 2017, Total et Petrobras ont formé une Alliance Stratégique qui englobe les activités exploration production et gaz, énergies renouvelables et électricité. Grâce à cette alliance, les deux groupes développent différents projets de R&D, notamment dans l’intelligence artificielle afin de réaliser des gains d’efficacité directement applicables aux projets brésiliens ».

Il faut dire que, pour Total, la polémique autour de l’exploitation du bassin de Foz do Amazonas au Brésil arrive au mauvais moment. Alors que le groupe cherche aujourd’hui à promouvoir une image « écologistes », le scandale de la Mede et de l’huile de palme est déjà révélateur de la réelle politique verte de Total. Et c’est sans parler des ravages écologiques du groupe en Afrique, ou bien encore de sa volonté d’exploités les récents gisements découvert en méditerranée orientale, source de tensions géopolitiques fortes et expliquant en partie les velléités impérialistes de la France au Liban.

Que cela soit par Total ou Petrobas, catastrophe écologique en vue au large du Brésil

Si la presse dominante, à l’instar du Monde, explique que ce retrait de Total« est une victoire pour les organisations de défense de l’environnement », le fait est que le projet d’exploitation n’est absolument pas remis en cause. Freiné par le refus d’octrois d’autorisation de forage à 120km des côtes par les autorités brésiliennes en décembre 2018, Total a seulement changé son fusil d’épaule, préférant conclure un accord avec Petrobas. Or, il y a fort à parier que l’entreprise brésilienne, lié à Jair Bolsonaro, entend bel et bien exploré la région maritime, mettant de facto en danger la biodiversité unique au large de l’Amazonie.

Difficile, donc, de voir une quelconque victoire dans cette affaire. Peu importe, a vrai dire, si la catastrophe écologique du projet en lui même soit piloté par Petrobas, Total, ou une alliance des deux multinationales. En revanche, l’opération est l’occasion pour Total de s’offrir à peu de frais, et même en récupérant quelques royalties, une nouvelle publicité de greenwashing.




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