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Notre classe

Ni oubli, ni pardon

Toulouse. Plus de 300 enseignants mobilisés en hommage à Christine Renon

Plus de de 300 enseignant-e-s, personnels d’éducation et parents d’élèves se sont rassemblés ce jeudi devant le rectorat de Toulouse, pour rendre hommage à Christine Renon.

jeudi 3 octobre

A Toulouse, plus de de 300 enseignant-e-s, personnels d’éducation et parents d’élèves se sont rassemblés ce jeudi devant le rectorat afin de rendre hommage à Christine Renon, directrice d’école qui s’est donnée la mort sur son lieu de travail le samedi 21 septembre. Cet hommage a été l’occasion de dénoncer la responsabilité du ministère de l’Éducation Nationale, les conditions de travail et la maltraitance institutionnelle dont sont victimes les personnels d’éducation, qui ont poussé Christine Renon au suicide.

Le rassemblement s’est ouvert par la lecture, devant les grilles du Rectorat, de la lettre écrite par Christine Renon le jour de sa mort. Dans celle-ci, elle décrit l’accumulation des tâches imposées aux directeurs d’école, mais aussi aux autres personnels de l’Éducation Nationale, ainsi que les exigences de plus en plus délirantes de l’institution, qui l’ont menée à l’épuisement. Elle insiste par ailleurs sur l’absence de soutien de la part de sa hiérarchie, les injonctions à « ne pas faire de vagues et sacrifier les naufragés dans la tempête ».

Les différentes interventions et les slogans affichés par les manifestant-e-s ont ainsi mis en lumière les pressions auxquelles sont soumis les personnels de l’éducation nationale de la part de l’inspection académique ou de leur direction : multiplication des évaluations d’acquis des élèves, « visites conseils » de l’inspection supposées recadrer des enseignants en difficulté, heures supplémentaires imposées, inspections-sanctions, menaces « à l’emploi du temps »… Sur certaines pancartes, on a ainsi pu lire « Pression rime avec dépression ! Laissez-nous travailler ! », « La hiérarchie tue », ou encore « le travail tue ».

De même, intervenants et manifestant-es-s ont souligné l’incapacité dans laquelle se trouvent aujourd’hui les enseignant-e-s a faire leur travail dans de bonnes conditions, suite aux différentes réformes et aux choix politiques qui visent à faire toujours plus d’économies de moyens et de personnels, décisions qui conduisent à toujours plus de souffrance au travail. Parmi les personnels rassemblés, beaucoup subissent des classes surchargées, qui sont à l’origine de plusieurs mouvements de grève à Toulouse depuis la rentrée (lycées Rive Gauche, Déodat de Severac et des Arènes). Enfin, les manifestants ont aussi dénoncée l’indifférence marquée de l’institution et de Blanquer, qui s’est contentée d’un tweet suite à la mort de Christine Renon. « J’enseigne, Tu enseignes, Il/Elle enseigne, Nous en saignons, Vous ignorez, Ils/Elles en meurent », pouvait-on lire sur plusieurs pancartes.

Le rassemblement s’est achevé par la répétition du slogan « Christine Renon, ni oubli, ni pardon » sous les fenêtres du rectorat. Face à un gouvernement qui organise cette précarisation des conditions de travail et qui reste sourd face à la souffrance engendrée, il est nécessaire de construire un rapport de force conséquent, au sein de l’ensemble de l’éducation nationale - aujourd’hui ce sont les personnels des écoles primaires qui étaient majoritairement mobilisés - et en jonction avec les autres secteurs du monde du travail qui relèvent la tête. Ne laissons pas la mort de Christine Renon devenir et être traité comme un fait divers !




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