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Trump met en scène sa sortie d’hôpital pour légitimer sa gestion du Covid19

Après avoir été mis en quarantaine suite à un test COVID positif ainsi que des symptômes de difficultés respiratoires, l'état de santé du président américain a fait l'objet de nombreuses spéculations. Afin de faire taire les rumeurs sur son état de santé et les possibles conséquences sur l'élection présidentielle à venir, Trump a mis en scène la fin de son hospitalisation et en a profité pour défendre sa gestion de la crise.

mardi 6 octobre

 Crédits Photo : NICHOLAS KAMM / AFP

Après les accusations de fake news à l’encontre des photos et vidéos du président américain censées montrer qu’il continue de travailler pendant son hospitalisation (photos avec des tenues différentes et dans des lieux différents, mais qui auraient été prises à seulement quelques minutes d’intervalles, ou encore montage vidéo pour retirer des passages où il tousse) et rassurer sur son état de santé, Donald Trump a gardé le cap lors de sa sortie de l’hôpital militaire Walter Reed. Marchant hors de l’hôpital et retirant son masque de manière décontractée devant une foule de journalistes, Trump s’est s’est affiché afin de rassurer ses électeurs et a affirmé qu’il reprendrait « bientôt » sa campagne.

 
Au vu de la négation de l’importance de l’épidémie par Donald Trump tout au long de la crise, les attentes étaient importantes quant au discours que celui-ci allait déployer sur sa propre contamination, alors que celui-ci déclamait il y a plusieurs semaines au micro de Fox News « Vous savez, j’ai dit : "ça va disparaître". Je le dirai encore. Ça va disparaître et j’aurai raison.  ». Et pourtant, s’il a désormais été lui-même touché par le virus, sa position quant à sa gestion de la crise ne semble pas avoir bougé d’un iota. Alors que les Etats-Unis ont été le pays le plus touché par la pandémie et qu’il reste encore aujourd’hui parmi les plus impactés, avec 6,7 millions de contaminés depuis le début de la crise et le cap de 200.000 morts franchi, le président tentait en août dernier de prouver aux journalistes que les chiffres concernant la COVID-19 étaient « parmi les meilleurs au monde », assurant même quelques mois avant qu’il pouvait en finir avec la pandémie avec un bilan de « 80 à 90.000 morts ».

Quelques jours seulement suivant son retour à la Maison Blanche de son hospitalisation, le rythme du président américain sur les réseaux sociaux reprend as usual. Ce mardi, Facebook supprime une de ses publications affirmant que « dans la plupart des populations le Covid19 est bien moins fatal que la grippe ».

Si l’état de santé du président n’est pas si clair que ce qu’il voudrait faire paraitre, cet épisode a pour conséquence de rappeler l’épidémie et la gestion de la crise catastrophique du président sur le devant de la scène. Entre mesures tardives, affirmations contradictoires et mensongères, minimisation de la pandémie mais surtout l’état inquiétant du système de santé américain et l’absence notable de sécurité sociale permettant une prise en charge au moins partielle des frais de santé de la population. À noter également le fait que les populations les plus précaires et notamment africaines-américaines, latino-américaines et populations immigrées ont été les plus affectées par ces vagues d’épidémie. Dans ce contexte, s’est ajouté le mouvement Black Lives Matter qui a repris de manière très amplifiée suite au meurtre de Georges Floyd par la police et aux différents cas de violences et meurtres policiers, annonce une élection s’annonce très polarisée.

Conscient d’être en difficulté dans la course à la présidence, alors qu’il avait tenté de remettre en avant les axes de sa ligne politique nationaliste et réactionnaire lors du débat contre Joe Biden, Trump n’hésite donc pas à préparer le terrain dans le cas ou il perdrait les élections. Préparations basées sur des éléments de contestation juridiques du système de vote aux USA mais également en prenant clairement parti pour les milices d’extrême droite qui forment une bonne partie de sa base électorale, allant jusqu’à appeler ses partisans à veiller à la « bonne tenue des élections » sans écarter pour autant de le faire « par la force. »

Alors que son adversaire continue sa campagne, qui n’offre aucune alternative progressiste à Trump, ce dernier est également touché récemment par un scandale concernant le non-paiement des impôts sur la fortune pendant plusieurs années, et semble avoir pu bénéficier d’un traitement de faveur (dont une autorisation d’urgence de prescription a été émise spécialement pour ce cas) pour lutter contre la maladie et repartir en campagne au plus vite.




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