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Vague d’attaques patronales : Michelin supprime 2300 emplois en France

En 2021 les suppressions d’emplois continuent. Alors que les travailleurs de Total sont en grève depuis lundi contre 700 suppressions d’emplois à Grandpuits, c’est au tour de Michelin d’annoncer la suppression de 2.300 emplois dans toute la France. Une attaque qui appelle, encore une fois, une réponse collective.

mercredi 6 janvier

Crédit photo : MICHAL WACHUCIK / AFP

Depuis le début de la crise du covid-19, les annonces de suppressions d’emplois se suivent et se ressemblent. Ce mercredi, c’est au tour de Michelin de présenter un plan « de simplification et de compétitivité », euphémisme pour désigner la suppression de 2 300 emplois en France. Le groupe affirme que ce plan était prêt depuis dix-huit mois et n’a donc rien à voir avec la crise du covid-19. Au total 1 100 emplois devraient être supprimés dans le tertiaire, et 1 200 dans l’industrie d’après Le Monde

L’annonce suscite d’autant plus la colère des salariés et des syndicats, que ce plan de suppressions d’emplois historique arrive à un moment où le groupe voit ses profits exploser. Si l’entreprise a touché 12 millions d’euros au titre de l’activité partielle en 2020 comme le rapporte Jérôme Lorton, délégué syndical central SUD du groupe, Michelin a en effet fait 1,7 milliards de bénéfices en 2019. En outre, les arguments de Michelin qui promet un plan basé sur le volontariat et de compenser par la création d’emplois les 2 300 suppressions ne convainquent absolument pas les syndicats, qui savent la valeur de ce type de promesse et la réalité des pressions au départ « volontaire ».

Surtout, l’annonce s’inscrit dans la continuité des très nombreuses suppressions d’emplois qui se sont enchaînés ces derniers mois. Entre mars et décembre, on comptait ainsi 700 PSE pour un total de près de 76.000 suppressions d’emplois, auxquels il faut rajouter les centaines de milliers d’emplois intérimaires supprimés, les CDD non-renouvelés et les licenciements hors-PSE. De Bridgestone à Renault en passant par Total, les patrons des entreprises mettent en avant les mêmes arguments. Ainsi, depuis lundi, les raffineurs de Grandpuits sont en grève reconductible contre un plan de suppression de 700 emplois dans le cadre de la reconversion du site, présenté par Total comme un projet écolo et sans licenciement…

Alors que les raffineurs de Grandpuits montrent la voie pour refuser les suppressions d’emploi par le rapport de force et les méthodes de la lutte de classe, refusant de céder aux sirènes du dialogue qui ont mené les travailleurs de Bridgestone dans l’impasse, l’absence de perspective pour lier les multiples entreprises où les travailleurs font face à des attaques se fait criante du côté des directions syndicales. Entre journées sectorielles isolées en janvier et une journée interprofessionnelle sans lendemain début février, les directions syndicales continuent de n’offrir aucun réel débouché à la colère qui existe partout en France. Alors que le patronat multiplie les attaques, il devient urgent d’exiger un tel plan mais aussi de prendre part aux initiatives qui cherchent à coordonner les secteurs, comme la manifestation du 23 janvier prochain à l’appel des TUI France.




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