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Politique

Faire son beurre sur la pandémie

1,5 milliards d’euros de bénéfices pour AstraZeneca, alors que le monde manque de vaccins

Les bénéfices net d’AstraZeneca ont doublé depuis la mise en vente de leur vaccin dont ils ont le monopole. Puisque les groupes pharmaceutiques continuent de se goinfrer alors que le monde fait face à une flambée du nombre de morts du Covid, il faut exiger la levée des brevets médicaux sous contrôle des travailleurs !

vendredi 30 avril

Pascal Soriot, directeur général du groupe AstraZeneca. Crédits Photo : AFP

Alors même que le groupe pharmaceutique AstraZeneca assurait en mars dernier refuser de faire des profits à court terme avec la pandémie, son bilan économique du premier trimestre dit tout le contraire. Ce dernier a vu son bénéfice net doublé sur 3 mois, dépassant les 1,5 milliards de dollars. Pascal Soriot, directeur général du groupe, s’est évidemment félicité des résultats, tout en ayant le culot de se plaindre d’un “impact négatif de la pandémie”. Ces bénéfices faramineux auraient-ils pu être encore plus indécents ?

Producteur de vaccin mais aussi de médicaments pour des problèmes respiratoires et oncologiques, le géant assure que la totalité des bénéfices reviennent à ces autres produits, et qu’il ne vend son vaccin qu’ “à prix coûtant”. Mais comme l’explique Quentin Ravelli, auteur d’une thèse sur les pratiques des industries pharmaceutiques : «  Il n’y a pas obligation de transparence sur les coûts de production. Il est donc très difficile de savoir si un vaccin est réellement vendu à prix coûtant.  ».

Le laboratoire est en réalité l’une des sociétés qui aura le plus profité de la crise sanitaire. Régulièrement, son PDG a trouvé le moyen de renflouer ses caisses grâce à l’urgence de la crise sanitaire. En décembre, il faisait monter les enchères sur les commandes de vaccins pour les pays occidentaux, et annonce finalement en janvier qu’ils ne pourra honorer qu’un quart des commandes. Aujourd’hui, le vaccin compte pour 245 millions de dollars dans ses bénéfices, tandis que Pfizer eux, qui n’ont pas encore publié de bilan, tablent déjà sur 15 milliards d’euros de vente de leur vaccin d’ici la fin de l’année.

Ainsi, alors que des millions de personnes sont décédées et que la courbe de décès continuent de s’accentuer, les géants pharmaceutiques tels que AstraZeneca maintiennent les brevets sur les vaccins pour faire des profits records, et par conséquent empêchent leur production de masse et leur accès à tous les pays du monde. En effet, depuis le développement des 4 versions différentes du vaccin contre le Covid-19, seuls les pays impérialistes ont pu s’en procurer un nombre conséquent pour espérer faire face à l’épidémie. Et dans les pays pauvres, qui ne peuvent commander que peu de vaccins, les fabricants gonflent les prix. Selon 20minutes, un vaccin AstraZeneca coûte 1,80€ à l’UE alors qu’il coûte 11€ au Bangladesh. Les pays les plus pauvres et les moins développés se trouvent donc dans une situation catastrophique pour pouvoir vacciner et sauver leur population. Cela peut s’illustrer à l’image de l’Inde qui s’est retrouvée face à un nouveau variant dévastateur, sans aucun espoir de vacciner sa population.

Mais aucun remords pour les grands patrons qui ne se satisfont qu’en maximisant leurs profits. Face à la crise sanitaire qui se poursuit, et l’urgence de vacciner la population mondiale, il est aujourd’hui essentiel de revendiquer la levée immédiate du monopole des brevets par les entreprises pharmaceutiques privées tel que AstraZeneca. Mais aussi l’expropriation et la mise sous contrôle des travailleurs de ces entreprises qui se gavent pendant qu’on meurt.




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