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140 conducteurs de train SNCF sanctionnés à Paris Nord : "C’est une atteinte au droit de grève !"

140 conducteurs de train SNCF de la région de Paris Nord viennent de recevoir une sanction disciplinaire pour avoir participé à une "grève surprise" le 5 juillet dernier, et 16 d'entre eux sont menacés de mise à pied. Une atteinte au droit de grève pour intimider les cheminots que l'ensemble des organisations syndicales doivent dénoncer.

vendredi 9 septembre

« C’est une atteinte au droit de grève ! » C’est ainsi que Xavier Brégail, militant SUD Rail Paris Nord et conducteur de train sur les lignes H et K dénonce les sanctions contre 140 conducteurs qui s’étaient mis en « grève surprise » le 5 juillet denier. La direction justifie sa décision en invoquant le « délai de prévenance » qui impose aux cheminots de se déclarer 48 heures à l’avance pour faire grève, une conséquence de la « loi sur le service minimum » mise en place par Nicolas Sarkozy en 2008 pour s’attaquer au droit de grève et en particulier à l’impact des cheminots lors des conflits sociaux. Le mécano explique ainsi : « grâce au délai de prévenance, la direction peut s’organiser pour remplacer les grévistes, ce qui rend notre grève quasiment invisible même s’il y a 80% voire 90% de grévistes, sauf quand on se mobilise sur tout le réseau francilien ou sur tout le territoire ».

A l’origine du mouvement de grève des conducteurs de train à Paris Nord, la casse des conditions de travail – en particulier la mise en place du nouveau logiciel de management Orion – et les salaires qui stagnent face à l’inflation. Sans réponse de la direction après trois jours de grève en décembre et une journée le 24 juin, « on a décidé de taper plus fort » raconte Xavier Brégail. Les cheminots décident alors de poser le sac au moment de leur prise de service et se mettent en « grève surprise du 5 au 7 juillet. La grève est très suivie et le taux de grévistes dépasse les 80%.

Mais deux mois plus tard, début septembre, les conducteurs de train apprennent que 140 d’entre eux sont sanctionnés par un blâme et que 16 grévistes sont menacés d’être mis à pied pour non-respect du délai de prévenance. « La direction a vu qu’on avait été dans les règles les premières fois, mais qu’on a durci le ton pour se faire entendre. C’est pour ça qu’elle n’a pas aimé la grève de juillet », analyse le militant SUD Rail En sanctionnant les grévistes, la direction veut donc faire un exemple pour intimider les cheminots et éviter que cette « grève surprise » ne se reproduise ou donne des idées à d’autres.

« Au lieu de répondre à nos revendications, la direction sanctionne. Ça crée encore plus de colère et de frustration », pointe Xavier Brégail. Alors qu’un document interne à la SNCF révélé par Libération indique que 10% des effectifs de l’entreprise ferroviaire manquent à l’appel dont au moins 1.200 agents de conduite, provoquant ainsi des suppressions de train par dizaines en Île-de-France et sur tout le territoire, le militant syndical explique : « la direction n’arrive pas à recruter parce qu’on travaille dans de sales conditions, qu’on a des salaires qui ne font pas rêver, et qu’au lieu de régler tout ça, elle préfère sanctionner les salariés qui expriment leur mécontentement ».

Face à la politique répressive de la direction de la SNCF, le syndicat SUD Rail Paris Nord a publié un communiqué dans lequel il « exige le retrait des sanctions ». Toutefois Xavier Brégail note que « la direction a étalé les dates des entretiens disciplinaires et sanctionne en catimini ». Une tentative pour « faire en sorte qu’on ne fasse pas de journée d’action » dénonce le militant syndical. Or pour faire face à la répression et aux attaques contre le droit de grève, c’est bien en se mobilisant tous ensemble que les cheminots devront répondre, toutes organisations syndicales confondues.

Alors que ces derniers mois les grèves locales se sont multipliées à la SNCF pour les salaires et contre les casse des conditions de travail comme en Occitanie, en PACA ou dans la région de Saint-Lazare, il est temps d’imposer un véritable plan de bataille pour unifier ces colères et construire le rapport de force à la base, qui aille au-delà des journées isolées appelées par les directions syndicales. Dans ce contexte, la journée du 29 septembre doit être l’occasion pour les conducteurs de train de la région de Paris Nord, mais aussi pour tous les cheminots qui subissent la casse des conditions de travail, les bas salaires et la politique répressive de la direction de la SNCF, d’exprimer leur colère tous ensemble dans la rue et surtout de construire la riposte avec l’ensemble du monde du travail. Néanmoins, il est clair qu’une seule journée d’action, appelée seulement par une partie des organisations syndicales, ne sera pas suffisante pour faire reculer la direction de la SNCF et le gouvernement. Il devient urgent d’imposer une véritable grève à l’appel de l’ensemble des organisations syndicales de minimum 72h, pour que cela serve de point d’appui pour la préparation d’une grève reconductible pour arracher des augmentations de salaire et des réelles améliorations dans les conditions de travail.



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