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Notre classe

Face à Macron

Appel de militants de Révolution Permanente travaillant dans la santé

Plusieurs militants de Révolution Permanente, travaillant dans le secteur de la santé, lancent un appel pour un véritable plan de bataille contre la politique de Macron, dont les coupes budgétaires successives et la gestion catastrophique de la crise sanitaire ont eu des conséquences criminelles et pour un service de santé public, accessible et gratuit, avec un plan immédiat d'augmentation de personnel et de matériel.

samedi 14 novembre

Nous, hospitaliers et militant-e-s à Révolution Permanente, voulons à travers cet appel à dénoncer la politique du gouvernement Macron. Nous voulons dénoncer la gestion de la crise sanitaire, mais aussi, une crise de la Santé bien plus profonde, cette crise sanitaire n’étant la résultante de politiques austéritaires menant à des coupures budgétaires drastiques. Car en effet, le démantèlement de l’hôpital public n’en est plus à ses balbutiements si l’on met en avant des chiffres révélateurs : 100 000 lits d’hospitalisation ont fermé en 20 ans. Des baisses de budget qui se ressentent aussi dans notre travail. Accumulation d’heures supplémentaires et de fatigue de surcroît, place l’hôpital public parmi les secteurs les plus touchés par le mal être au travail en France. Le gouvernement préférant lier cela à un manque d’organisation. Il est vrai que l’organisation de l’hôpital doit changer de fond en comble, mais ce sera seulement par l’auto-organisation des travailleurs de la santé à la base.

Une stratégie ratée depuis le début

Le gouvernement instaure de nouveau l’état d’urgence sanitaire ; mais avec les compromis faits au patronat et la gestion sécuritaire, nous comprenons que l’essentiel n’est pas la bonne santé des patients mais de l’économie. Nous voulons, par ailleurs, témoigner de notre soutien le plus sincère au personnel de l’éducation nationale, eux aussi touchés par cette crise et par la gestion économique et sécuritaire du gouvernement ainsi qu’à tous les travailleurs du privé, victimes des licenciements et des APC cautionnés par le dialogue social mené par les directions syndicales.

Autrefois traités en héros de la nation, ce rang n’est respecté que lorsque nous n’exposons pas nos revendications. En preuve ces derniers jours des lycéens se sont fait tabasser par la police alors qu’ils dénonçaient le manque de protocole sanitaire fiable afin qu’ils se prémunissent, eux et leur entourage, du virus. Les lycéens ayant bien compris que leurs parents étaient sacrifiés afin de remettre en marche l’économie capitaliste, et eux placés sur les bancs de l’école qui, sans mesures sanitaires renforcées comme annoncé par Jean-Michel Blanquer, n’est utilisée telle qu’une vulgaire garderie du MEDEF.

Des mesures pour le capital, non pour les travailleurs

En effet, si les mesures prises par le gouvernement sont insuffisantes voire proches du vide abyssal, la présidence Macron ne fait qu’exacerber une politique de destruction des services publics menée par les gouvernements précédents. Car, si aucun moyen n’est versé pour les travailleurs, les cadeaux faits au patronat quant à eux s’amoncèlent : la casse du code du travail et les licenciements facilités, les milliards du CICE. Mais encore dernièrement avec l’ordonnance Covid permettant ainsi au patronat d’éponger leurs dettes, effacées d’un simple coup de crayon par l’Etat.

Mais il est certain qu’il doit être compliqué de dégager des fonds pour la Santé quand la priorité et les budgets se tournent vers les forces de répression comme la police au niveau national afin de nous réprimer et faire taire toute contestation, comme avec les gilets jaunes mais aussi avec l’ensemble des travailleurs comme on a pu le voir sur nos différents piquets de grève, lors du mouvement contre la réforme des retraites. Au niveau international, ce sont les budgets de l’armée qui sont augmentés afin de maintenir le rôle et les positions stratégiques des industriels français, exploitant ainsi les travailleurs d’autres pays et exerçant sa barbarie capitaliste.

Une unité nationale sous couvert d’islamophobie

Nous voulons aussi dénoncer les attaques xénophobes du gouvernement suite au meurtre atroce de Samuel Paty et voulons par la même occasion assurer notre solidarité et notre sympathie envers nos collègues, racisés et croyants, et dénonçons cette manoeuvre politique coutumière depuis plusieurs années, qui consiste à pointer du doigt une partie de la population, prenant la quasi totalité de l’espace médiatique, et mettant ainsi sous le tapis les vrais maux de notre société. Car s’il est vrai qu’une minorité, très audible, qui contribue à l’insécurité de la société actuelle, c’est bien celle de la classe dirigeante. Cette dernière, via la recherche éternelle du profit, paupérise des populations entières, et ce, quand il ne s’agit pas de les stigmatiser. Car, si d’un côté ce sont les mêmes mains qui répriment et appauvrissent la population, en face, ce sont les mêmes qui font tourner la société, sont réprimés lors des manifestations et perdent leur statut ou leur emploi. C’est le cas à l’hôpital, où des secteurs entiers sont privatisés, et les agents externalisés, c’est-à-dire, priés de partir au plus vite.

De plus, il est important de souligner que cet état d’urgence sanitaire, permet aux directeurs des hôpitaux de se passer de l’avis des instances représentatives du personnel pour prendre des décisions. Une énième attaque, des plus crapuleuses, quand on sait que les directeurs d’hôpitaux sont à leur poste afin de mener la politique du gouvernement, de même que les agences régionales de santé (ARS).

En conclusion…

Nous appelons l’ensemble des travailleurs et leurs représentants les plus combatifs, à mener une bataille ensemble, dépassant les grèves sectorielles organisées ces dernières années et ne répondant pas aux revendications immédiates et primordiales des travailleurs de la santé. Il est pour cela nécessaire de nous organiser à la base afin de prendre en main, avec l’aide de la population, la gestion sanitaire mais aussi de la Santé dans sa globalité au sortir de cette crise. En premier lieu nous devons pour améliorer le système de santé actuel déjà en état de délabrement avancé, en revendiquant des soins gratuits pour tous, la nationalisation de l’ensemble du secteur y compris des usines pharmaceutiques ou qui confectionnent le matériel nécessaire au personnel, la fonctionnarisation de l’ensemble des travailleurs de la Santé, l’augmentation des lits et du personnel en nombre adéquat. Tout cela est bien évidemment finançable, notamment grâce à un impôt progressif sur les grandes fortunes, celles qui ont su tirer profit de la crise en s’enrichissant ou en menant des licenciements d’aubaine.

Vous êtes vous aussi travailleurs de la Santé et souhaitez vous organiser avec nous, contactez nous à l’adresse suivante : [email protected]




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