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Politique

Toujours en prison mais jusqu'à quand ?

Balkany demande "un peu d’humanité" : la justice accède à sa 1ère demande de mise en liberté

Ce lundi, la cour d’appel de Paris a accédé à la première demande de mise en liberté de Patrick Balkany pourtant sous l’effet de deux condamnations à 4 ans, puis 5 ans de prison ferme, ainsi qu'à 10 ans d’inéligibilité, pour, respectivement, fraude fiscale, corruption et blanchiment de fonds publics.

lundi 28 octobre

Crédit : ERIC FEFERBERG / AFP 

Déjà très connu pour son long parcours de politicien mafieux, Patrick Balkany a été condamné par le passé pour une de ses nombreuses magouilles, pour des affaires d’emplois fictifs  où entre 1985 et 1995 il payait 3 personnes dont la fonction officielle était "employés municipaux" mais qui en réalité s’occupait de l’entretien de ses résidences. Après avoir échappé à de nombreuses condamnations, il est aujourd’hui sous le coup de deux condamnations à 4 ans, puis 5 ans de prison ferme, ainsi qu’à 10 ans d’inéligibilité, pour, respectivement, fraude fiscale, corruption et blanchiment de fonds publics. Et c’est dans le cas de la condamnation pour fraude fiscale qu’il a fait une demande de mise en liberté... qui vient de lui être accordée.

Six semaines tout juste après son incarcération qui s’était déjà démarquée par des conditions d’emprisonnement particulièrement favorables, avec téléphone fixe et abonnement à la télé cette première décision de « justice » ouvre la voie à une éventuelle libération dans le cas où sa seconde demande, dans le cadre cette fois-ci du deuxième volet pour corruption et blanchissement viendrait elle aussi à être acceptée.

Si l’on pourrait s’étonner au premier abord de la rapidité avec laquelle la cour d’appel de Paris a sorti ce jugement, en comparaison de la longue attente, entre la révélation de l’affaire en 2013, le déroulement du procès et la prononciation de la première condamnation le 13 septembre 2019, il y a en réalité une constante dans cette affaire : le favoritisme dont bénéficie le couple de la part d’une justice au service d’une classe et au service des politiciens qui la servent.
En effet, bien loin d’écoper des sentences requises pour les faits, pour lesquels Patrick Balkany encourait par exemple jusqu’à 10 ans de prison ferme et 500 000€ d’amende, il bénéficie, ainsi que son épouse, de traitements de faveurs. En ce qui concerne Isabelle Balkany, la première décision de justice, à savoir 3 ans de prison fermes, n’étant pas assortie d’un mandat de dépôt pour « raison de santé », elle a ainsi pu reprendre la mairie de Levallois Péret faisant ainsi fi des 10 ans d’inéligibilité dont elle a écopé.

De la même manière, son époux a évoqué son « âge avancé » et des « problèmes de santé » tout en demandant « un peu d’humanité » à ses juges … Une compassion dont les juges n’ont pas su faire preuve dans les cas du jeune homme de 18 ans condamné à deux mois de prison pour avoir volé des pates et du riz par nécessité  ou encore dans le cas dela condamnation à 3 mois de prison pour avoir « volé » dans une poubelle de supermarché mais dont ils savent faire preuve lorsqu’il s’agit de l’accorder dans le cas de vols et détournements répétés, par pure cupidité !

C’est bien à une justice de classe, une justice à deux vitesses que l’on a affaire ! Selon que l’on soit dans le camp de la bourgeoisie ou celui des exploités et des opprimés elle n’hésite pas à bafouer la notion d’égalité qu’elle prône elle-même, condamnant à tour de bras ceux qui osent s’opposer à Macron et plus largement au système capitaliste alors que les « criminels en col blancs » , que les médias et la presse voudraient faire passer pour inoffensifs, ne sont guère inquiétés ! 




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