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Nos vies valent plus que leurs profits

Blanquefort. Un cluster à Getrag, usine menacée de fermeture

L’usine de GFT à Blanquefort comptabilise déjà 13 cas de Covid et un cluster, près de 900 travailleurs sont aujourd’hui face au risque de contamination. Une réalité qu’on retrouve aujourd’hui dans de nombreuses usines. Face à ces directions pour qui le profit est la seule priorité, c’est aux travailleurs de décider.

mardi 6 octobre

Crédits photo : Page Facebook CGT GFT Getrag Ford Transmissions Magna

Remplir les stocks coûte que coûte… quitte à mettre en danger la santé des salariés

Le virus est arrivé à l’usine automobile de GFT (Getrag Ford Transmissions) de Blanquefort, dans l’agglomération de Bordeaux. Selon la CGT, 13 cas de contamination sont confirmés et un cluster à la chaîne d’assemblage chez l’équipe de nuit. Tandis que près de 900 travailleurs sont aujourd’hui face au risque de contamination, la direction n’a pas changé d’objectif : la logique reste la même que durant le confinement, il s’agit coûte que coûte de maintenir la production pour remplir les stocks, même si cela se fait au prix de la vie des salariés. L’objectif de la direction, selon la CGT, c’est d’accélérer la fermeture de l’entreprise, que redoutent beaucoup dans le contexte où Ford a annonce son intention de se désengager.

Pour l’instant, les salariés contaminés sont évidemment confinés et les “cas-contact” sont testés. Cependant, la définition de “cas contact” de l’ARS, à laquelle se fie la direction, pose des doutes. En effet, si un salarié contaminé se trouve dans une salle avec d’autres salariés mais qu’ils portent le masque, ces derniers ne sont par exemple pas considérés comme cas contact. Et ce alors que des recherches scientifiques ont avéré que le virus ne se transmet pas uniquement de personne à personne, mais qu’on peut aussi êtres contaminés par la présence du virus en l’air ou sur des surfaces.

De plus, la direction ne prend aujourd’hui que les mesures qui l’arrange, à savoir, elle a interdit l’utilisation de cafetières personnelles, pour empêcher les contacts entre salariés. Oui au maintien de la production, non aux rencontres entre ouvriers, voilà l’attitude des directions et du gouvernement qui selon eux, ils ne sont pas responsables des foyers de clusters, relayant la faute à la responsabilité individuelle des salariés. En effet, tandis que que le nombre de cas positifs se multiplient dans les lieux de travail, les directions, avec l’appui du gouvernement, ne font rien pour l’empêcher, se cachant derrière le fait que les contaminations se feraient à “l’extérieur de l’entreprise” et profitant du prétexte du Covid, pour empêcher les discussions entre salariés et c’est même un bon prétexte pour licencier. Une même histoire qui se répète depuis le début de la pandémie où les cas de Covid se sont multipliés dans les zones industrielles et dans les quartiers populaires et ouvriers, comme c’était le cas en Italie où le foyer de l’épidémie se trouvait en Lombardie, zone industrielle du pays par excellence, ce qui démontrait que contrairement au discours culpabiliste que le gouvernement essaye de faire passer, c’est en grande partie le maintien du fonctionnement de la production (dont beaucoup ne sont pas des productions essentielles dans un contexte de pandémie) ainsi que l’entassement des personnes dans les quartiers populaires, qui facilitent les chaînes de contamination.

C’est aux salariés de décider !

La corollaire de cette crise sanitaire en cours est évidemment un plan d’attaque généralisé, contre les emplois et les conditions de travail. Face à cette situation, on ne peut faire confiance ni au gouvernement, ni au patronat qui mettent la vies des travailleurs en danger pour maintenir à tout prix la production de leurs profits. Pendant ce temps, les directions syndicales semblent plus occupées à négocier cette régression sociale, en ne mettant aucun plan de bataille à la hauteur pour empêcher cela, voire même elles soutiennent des plans de licenciements pour certaine d’entre elles, comme cela a été le cas de Veyrier de FO à Derichebourg.

Aujourd’hui, le CHSCT, comité chargée de détecter les éléments pouvant entraîner des risques sur la santé, est une instance qui reste sous le contrôle du patron, qui peut par exemple exiger la confidentialité des informations qu’ils donnent aux délégués du personnel. Face au risque de contamination, c’est aux travailleurs de décider d’un vrai protocole covid à la hauteur. Il faudrait pour cela des organismes qui représentent l’ensemble des travailleurs et soient décisionnaires sur les questions d’hygiène et de sécurité. Une commission organisée à la base, qui puisse exiger de savoir l’état réel de l’épidémie dans l’entreprise et par conséquence puisse réorganiser et planifier l’organisation du travail en exigeant à la direction toute les mesures qu’elle exige nécessaires, comme par exemple, les heures et fréquences de désinfection, la nécessité d’embauches supplémentaires, les mesures de distanciations sociales ou encore le matériel de protection nécessaire.

Alors que l’avenir de l’usine est menacé, celui-ci étant l’unique client des boîtes à vitesse produites sur place, la mise en place de cette commission pour des conditions de travail dignes et sécurisés, peut être un premier pas pour avancer vers les solidarités et les expériences d’auto-organisation qui seront nécessaires pour les batailles de demain.




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