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Politique

Au revoir Jean-Michel

Législatives. Blanquer éliminé dès le premier tour, pour le plus grand plaisir des enseignant·e·s

Petit plaisir de ces législatives, Jean-Michel Blanquer, ex-ministre de l’Éducation nationale, s’est retrouvé éliminé dès le premier tour. Un résultat symptomatique du désaveu pour la macronie, dont Blanquer était l’une des figures de proue, et qui vient confirmer le bilan catastrophique de l’ancien ministre, parmi les plus détestés du précédent gouvernement.

lundi 13 juin

Crédits photo : GUILLAUME SOUVANT / AFP

Alors qu’il aurait pu espérer une victoire facile, parachuté dans une circonscription où LR et LREM s’étaient retrouvés au coude-à-coude en 2017 et où il s’était donné pour objectif d’incarner le barrage face au RN – et à la « gauche radicale », c’est un échec cuisant pour Jean-Michel Blanquer. Pour sa première participation à un scrutin national, l’ancien ministre ne récolte que 18,89 % des votes exprimés, derrière les candidats de la NUPES (19,43 %) et du RN (31,45 %). Des résultats qui sont le reflet de la détestation qu’inspire l’ex-ministre, ancien chouchou et fer-de-lance de la macronie.

Un ancien ministre détesté

La détestation large de Blanquer, fruit de ses politiques d’accélération de la destruction de l’Éducation nationale, et de sa gestion chaotique de la pandémie, a eu raison de la candidature du ministre. Et ce pour le plus grand bonheur des enseignant-e-s, qui ont largement témoigné de leur joie via les réseaux sociaux.

Il faut dire que le bilan de Jean-Michel Blanquer a rendu particulièrement folklorique et difficile la campagne de l’ancien ministre. Troquer costumes et lunettes pour casquettes et pulls en laine n’aura pas suffit à faire oublier aux électeurs du Loiret qui est véritablement l’ancien ministre.

Dans un reportage publié le 24 mai sur le site de Médiapart et tourné pendant la campagne, on peut ainsi le voir visiblement mal à l’aise avec l’exercice, interpellé au sujet de son bilan lors d’un tractage sur le marché de Montargis. Un enseignant le « remercie » de « l’avoir laissé croupir pendant cinq ans », tandis que différents habitant·e·s de Montargis lui font connaitre leur vif mécontentement vis-à-vis de ses différentes réformes de l’Éducation nationale.

Quelques semaines plus tard, c’est à la sortie du même marché que Jean-Michel Blanquer est aspergé de chantilly, faisant de lui le seul candidat chahuté pendant les législatives. Un geste que ses auteurs assument, dénonçant une Éducation nationale « en chute libre » et la maltraitance dont élèves et personnels sont victimes de la part de l’institution, et qui s’est encore approfondie sous le ministère de Jean-Michel Blanquer.

Il faut dire que le ministère Blanquer a été brutal. À la fois pour les personnels, qui ont eu à subir des politiques d’austérité de plus en plus dures, accentuant la précarité et rendant encore plus difficiles les conditions de travail, mais aussi pour les familles. Les réformes du bac, de parcoursup, la gestion chaotique de la crise sanitaire ont touché de plein fouet les enseignant-e-s, mais aussi élèves et leurs familles. Tout au long de son mandat, la côte de popularité du ministre n’a cessé de baisser, 51 % des personnes sondées ayant une « image négative » de Blanquer au mois de mars 2021. Le 17 janvier 2022, plus de 70 % des enseignant-e-s, rejoints par des personnels de l’Éducation nationale, étaient en grève contre Blanquer, avec le soutien de la principale fédération de parents d’élèves. Du jamais vu.

Blanquer mauvais perdant

Interrogé sur BFM TV ce lundi après sa défaite, le ministre n’a pas hésité à renvoyer dos à dos ses deux adversaires, déclarant que « l’extrême gauche est un danger aussi important que l’extrême droite ». Un discours profondément réactionnaire, typique de celui qui s’est voulu le pourfendeur de « l’islamo-gauchisme » et du « wokisme » à l’école, encourageant par là-même la montée de l’extrême-droite… face à laquelle il est aujourd’hui battu à plates coutures.

Pourtant, loin d’assumer son bilan et sa défaite, l’ex-ministre de l’Éducation nationale s’est immédiatement posé en victime et semble prétendre que sa défaire n’est que le fruit de la « méchanceté » de ses adversaires. Il dénonce ainsi des « violences verbales » très fortes « de la part de beaucoup d’adversaires » pendant la campagne. Surtout, il prétend être victime d’« irrégularités » de la part de Bruno Nottin, le candidat de la NUPES – qui semble lui poser davantage de problèmes que le candidat RN.

Le ministre, qui a, sans surprise, fort peu d’humour, n’a en effet pas apprécié que son « sosie », soutien au candidat NUPES, soit venu distribuer des tracts à Montargis, promettant de « faire à Montargis ce que [Jean-Michel Blanquer] a fait à l’Éducation nationale ».

Un recours en justice qui reflète une fois de plus le manque d’humilité de Jean-Michel Blanquer, mais aussi la violence avec lequel lui-même est prêt à traiter ceux qui lui font opposition, dans la droite ligne du gouvernement Macron. Il ne reste plus qu’à espérer que la Chantilly comme ces prétendues « irrégularités » ne feront qu’ajouter au ridicule de Blanquer.



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