^

Notre classe

Répression syndicale

Bordeaux. 4 cheminots menacés de sanction en 3 semaines. Soutien à Jean-Christophe !

Depuis 3 semaines, Jean-Christophe, cheminot conducteur, est mis à pied pour « faute professionnelle ». Face à la menace de licenciement que fait peser sur lui la direction, 250 cheminots se sont retrouvés pour dire non à la politique répressive de l'entreprise.

mercredi 24 mars

Crédits photo : Révolution Permanente Bordeaux

Ce lundi matin, à la gare de Bordeaux Saint-Jean, 250 cheminots de divers services se sont retrouvés à l’appel de SUD-Rail, CGT Cheminots, UNSA et CFDT, pour un rassemblement contre la nouvelle menace de sanction pour un cheminot. Jean-Christophe, conducteur de train, est accusé d’une erreur qu’il a commise et aujourd’hui la direction menace de le licencier, en plus du fait qu’il est déjà mis à pied depuis 3 semaines, alors que c’est sa seule erreur de conduite dans les 10 dernières années.

Une nouvelle attaque qui ne vient pas de nulle part, puisqu’elle s’inscrit dans la continuité de la politique de la peur de la direction de la SNCF, qui à Bordeaux, a menacé de radiation trois cheminots avant Jean-Christophe et ce en seulement trois semaines. Avant ce conducteur, dernier cas menacé de licenciement en date, deux cheminotes de la vente, toutes deux élues CGT, avaient été menacées à leur tour d’être licenciées pour vente de billets gratuits. Des menaces de radiation qui s’inscrivent dans une logique de répression syndicale, où la direction cherche à pointer du doigt et faire des exemples sur les militants. Cette politique répressive à l’encontre de cheminots a évidemment un lien avec toute la politique de démantèlement et privatisation de la SNCF : depuis la mise en place du Pacte ferroviaire en 2018, qui avait été combattue par les cheminots avec la Bataille du Rail, la société du chemin de fer, qui est passée en société anonyme, active la régression sociale de tous les points de vue sur les droits sociaux conquis par les cheminots comme en est l’exemple de la fin des embauches au statut cette année, et elle organise avec les conseils régionaux la privatisation de l’ensemble du territoire pour rentabiliser ce qui était à l’origine un service public pour toutes et tous.

Au rassemblement à la gare, les cheminots présents ont annoncé la couleur : pour Jean-Christophe, ni sanction ni conseil de discipline ! "On est tous cheminots, on est tous pour Jean-Christophe. Les erreurs elles sont possibles, on n’est pas des robots. On est fiers d’être cheminots, et c’est pour ça qu’on doit poursuivre la lutte. La direction elle a mis un feu là où elle ne le contrôlait pas, c’est une réponse unitaire qu’elle va recevoir, on va lui donner un incendie !" intervient un cheminot venu de Limoges pour soutenir son collègue.

SUD-Rail et UNSA ont annoncé qu’ils appelleraient à la grève reconductible si les sanctions n’étaient pas levées pour le cheminot. Un rassemblement qui a été une occasion inédite d’appel intersyndical, qui montre une volonté unitaire de donner une réponse politique à cette nouvelle attaque : le mot de la matinée, où les torches ont enfumé du bâtiment de la direction dans lequel était convoqué Jean-Christophe, étaient : "s’ils touchent à l’un d’entre nous, c’est à tout le monde ensuite qu’ils vont s’attaquer !".

Mais si le cas de Jean-Christophe est grave, il est loin d’être un cas isolé : déjà la SNCF cherche à réprimer les grévistes de l’Infrapôle Paris Nord, bien qu’elle ait déjà été condamnée pour entrave à la grève, elle menace aujourd’hui 6 grévistes. Mais au-delà de la SNCF, dans le contexte de la crise aujourd’hui, on assiste à une multiplication des attaques patronales, qui menacent de recul et régression sur les acquis et droits, ou encore menaces de licenciements et suppression d’emploi, comme à la RATP, dans l’éducation, dans la santé, ou La Poste. Ces cas de répression montrent une volonté claire de museler les travailleurs combatifs, comme à Chronodrive où Rozenn est menacée de licenciement, ou encore Konstantin et deux de ses collègues à Biocoop, déjà licenciés pour faits de grève. Face à la répression syndicale, nous devons donner une réponse d’ensemble, et faire changer la peur de camp !




Mots-clés

répression syndicale   /    Cheminot-e-s   /    Bordeaux   /    Licenciement(s)   /    SNCF   /    Répression   /    Notre classe