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Notre classe

Privatisation de la santé

Bordeaux. La direction du 1er CHU de France décide de privatiser le nettoyage en pleine crise sanitaire !

Alors que la crise sanitaire bat son plein, l'hôpital Pellegrin à Bordeaux, le 1er CHU de France (selon un classement du magazine LePoint) décide de privatiser un des secteurs où le personnel, essentiellement féminin, faisant partie des salaires les plus bas et pourtant, qui sont au cœur de l’hygiène.

samedi 14 novembre

Alors que la crise sanitaire bat son plein, l’hôpital Pellegrin à Bordeaux, le 1er CHU de France (selon un classement du magazine LePoint) décide de privatiser un des secteurs où le personnel, essentiellement féminin, faisant partie des salaires les plus bas et pourtant, qui sont au cœur de l’hygiène. Elles permettent de limiter la propagation de la covid-19 mais aussi d’autres maladies nosocomiales où les bactéries peuvent développer de multiples résistances aux antibiotiques. Ces bactéries tuent chaque année des dizaines de milliers de personnes en Europe selon the lancet.

Une crise qui ramène toujours plus de précarité

Des centaines de milliers travailleurs risquent de perdre leur travail et ainsi, d’agrandir la courbe du chômage qui augmente de façon exponentielle suite aux nombreux licenciements dans plusieurs entreprises, alors que les actionnaires continuent à s’en mettre plein les poches. 

Tous ces secteurs doivent être de nouveau fonctionnarisés car ils sont essentiels au bon fonctionnement de l’hôpital et le privatiser mettra davantage en difficulté les services. Exemple pratique du nettoyage déjà en partie privatisé : où une fois que l’agent a fait son travail, quitte le service sans laisser aucun matériel pouvant servir en cas de problème selon les ordres de ses supérieurs, ou encore, lorsque l’hôpital réutilise un local vide, il doit établir un nouveau contrat avec le privé, à défaut, il n’y aura aucun nettoyage effectué. 
Mais la direction ne perd pas le Nord, en tentant une fois de plus de faire des économies en privatisant davantage ce secteur. La sous-traitance précarise le personnel en leur donnant des horaires aménagés en fonction de la demande mais aussi avec un salaire encore plus au rabais et un contrat encore plus précaire. 

Sur le communiqué inter-syndical de la CGT et FO ci-dessous, les syndicats avec le personnel revendiquent l’arrêt du projet d’externalisation mais aussi « le retour d’agents publics sur les postes déjà privatisés ». 

Mais pour que cette demande soit appliquée, il est nécessaire d’exiger la titularisation de tous les contractuels mais y compris la régularisation des sans-papiers qui sont en nombre dans ce secteur où leur statut permet de les exploiter avec un salaire de misère, dans des conditions de travail misérables et avec des contrats précaires (horaires décalés, temps partiels…) mais aussi l’embauche massive de personnels pour palier aux manques d’effectif et faire face à la crise sanitaire.

Cela améliorerait leurs conditions de travail mais aussi leurs conditions de vie car elles obtiendraient un salaire stable, l’accès à des soins gratuits et un logement digne. Mais cela ne pourra s’obtenir qu’avec des pétitions et plus en général la stratégie du dialogue social qu’adoptent les directions syndicales en allant toquer à la porte de la macronie. Il est urgent que celles-ci établissent un plan de bataille afin d’établir un véritable rapport de force. Avec la création d’assemblées générales où les travailleuses du publics, mais aussi, celles du privés, se coordonnent et décident par elles-mêmes et pour elles-mêmes de leurs conditions de travail, qu’ellres soient toutes revues à la hausse, mais aussi pour établir un plan d’urgence de la santé contre le coronavirus. 

Un programme pour lequel qui vaille la peine de se battre

À l’échelle nationale, les directions syndicales jouent la carte du dialogue social, en demandant à Macron de se réunir autour d’une table, une stratégie perdante, la même qui permettra au patron de Bridgestone de licencier 863 salariés sans plan de résistance. Dans la fonction publique, il est désormais plus aisé de licencier le personnel : pour y faire front il faut donc que l’ensemble du personnel se batte contre tout type de licenciement au sein des hôpitaux. 

À Bordeaux, la pétition lancée par les sections syndicales FO et CGT n’est pas suffisante pour s’opposer à la privatisation du secteur du nettoyage. Seulement avec des signataires, ils ne pourront pas avancer dans nos revendications. Il est pour cela nécessaire que les travailleuses s’organisent dans une grève reconductible et préparent à l’avance en organisant des caisses de grève pour préparer la résistance et faire plier la direction devant leurs revendications.

Pour que ce combat soit d’ensemble, avec les autres secteurs privatisés à l’hôpital, comme la sécurité, la cuisine et le transport, doivent s’organiser pour que la direction ne décide plus de leur sort. Car celle-ci suivra toujours la politique austéritaire et de rentabilité du gouvernement. Ce même gouvernement qui au fil des années a réduit drastiquement le budget de la santé au profit des grands patrons des industries pharmaceutiques et des cliniques privées. Leur combat pour la titularisation doit être lié au combat des fonctionnaires pour le maintien de leur statut et de leurs conditions de travail. 

Ainsi une stratégie combative sera la voie vers l’auto-organisation des travailleurs de la santé, c’est-à-même et par eux-même de décider quels moyens et combien de lits il leur faut, ainsi que le personnel nécessaire afin de travailler dans de bonnes conditions. Lutter pour un plan de bataille qui vaille le coup de se battre, exiger la centralisation de l’ensemble du système de santé, y compris la santé privée, sous gestion publique et sous contrôle des travailleurs. Mais surtout pour ne plus subir les attaques des gouvernements successifs qui démantèlent la santé, les autres services publics ainsi que nos conditions de travail et nos salaires, dégradant nos conditions de vie au quotidien. 




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