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Répression syndicale

« C’est vous qu’on veut mettre au pas » : au Havre, rassemblement contre la répression syndicale chez Safran

Au Havre, suite à la convocation de Nicolas, accusé de « harcèlement » par sa direction, près de 300 personnes se sont rassemblées sur le site de Safran pour dénoncer la répression syndicale.

Élian Palmeran

22 mars

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« C'est vous qu'on veut mettre au pas » : au Havre, rassemblement contre la répression syndicale chez Safran

Ce vendredi 22 mars, près de 300 personnes se sont rassemblées devant le site de Safran au Havre en soutien à leur collègue Nicolas réprimé par sa direction. Différentes délégations étaient présentes, dont une centaine de collègues de Nicolas Safran même (les collègues de Nicolas), ainsi que l’union Locale et départementale de la CGT. Des délégués de Total, Sidel, Yara étaient également présents au rassemblement pour faire front contre la répression syndicale.

La vengeance d’une direction contre un syndicaliste

Alors que Nicolas a quitté son mandat syndical, sa direction l’accuse d’avoir « harcelé » un des chefs et l’a donc convoqué ce vendredi pour un « entretien préalable à une sanction disciplinaire pouvant aller jusqu’à un licenciement ». Lors de ses deux mandats syndicaux Nicolas a toujours eu à cœur de défendre ses collègues, soucieux de leurs conditions de travail et de leur bien-être.

Les travailleurs de Safran n’ont jamais été confrontés à une telle répression syndicale, pour eux c’est clair : le patronat veut se venger de la combativité de Nicolas. Comme le souligne Jenny Grandet, représentante CGT Safran : « Comment ne pas voir une manœuvre de répression syndicale ? La direction veut montrer qu’elle a de gros bras, nous allons lui opposer notre solidarité et le soutien de nombreux salariés qui savent qu’ils ont toujours pu compter sur Nico pour les défendre ». Elle dénonce également l’hypocrisie de la direction, qui lorsque Nicolas a dénoncé des cas de harcèlement moral sur ses collègues a fait la sourde oreille.

La direction cherche constamment à retourner la situation. Et quand elle ne se fait pas passer pour une victime, elle convoque, intimide, sanctionne et réprime à tout va. Son but est non seulement de se venger des syndicalistes qui se sont battus pour des meilleures conditions de travail, mais aussi de décourager l’ensemble des travailleurs.

Une répression qui s’inscrit dans le contre-coup de suite des mouvements de grève en 2023

Et comme le souligne Alexis Antonioli, raffineur chez Total syndiqué CGT, le cas de répression de Nicolas s’inscrit dans un contexte plus large. En effet la répression syndicale atteint un niveau exceptionnel Selon Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, plus de 1000 syndicalistes sont actuellement poursuivis en justice. Rappelant les mobilisations contre la réforme des retraites, Alexis explique que « le camp d’en face a flippé à mort de ce rapport de force qui a été imposé au gouvernement et au patronat ; aujourd’hui pour eux il s’agit de se venger et se prémunir pour éviter que ça se reproduise. »

Alexis Antonioli et ses collègues de la raffinerie Total de Normandie ont eux aussi été victimes de la répression syndicale suite aux mobilisations de l’année dernière. Face à tous ces cas de répressions, pour Alexis « la seule option pour les faire reculer c’est la grève ».

Mathias Dupuis, représentant de l’UL de Dieppe, était aussi présent pour apporter son soutien et appeler à un prochain rendez-vous, jeudi prochain pour soutenir un autre cas de répression syndicale : celui du secrétaire général de l’UD CGT Nord 59, Jean-Paul Delescaut, poursuivit pour « apologie du terrorisme » suite à un communiqué en solidarité avec la Palestine. Le rassemblement aura lieu jeudi 28 mars à 12h devant le Palais de justice de Lille.

Comme le disait Alexis Antonioli le cas de Nicolas de Safran est loin d’être isolé puisque les offensives antisyndicales se multiplient partout dans le pays, à l’image de Christian Porta de la CGT de Neuhauser, lui aussi accusé d’avoir « harcelé » sa direction, ou de Nicolas Pereira de l’UL CGT Roissy. Les luttes contre la répression ne peuvent donc pas se faire entreprise par entreprise, mais se coordonner à l’échelle nationale, en soutien aux victimes de répressions et en imposant un véritable front syndical et politique face au patronat. 


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